vendredi

3 jours avec L.

ou bien 3 jours avec Ailes, ou bien 3 jours avec Elle.

Trois jours légers au creux d'un été qui l'est un peu moins.
Trois jours et trois nuits.
Simples.

Des sourires, des rires. Des regards, droits dans les yeux. Une écoute. Son écoute. Sa présence sans faille.
Ses mots, toujours honnêtes, jamais jugeants. Son encouragement à être. Et toujours, son implacable honnêteté.

Mon Amie.

Debout, même à moitié à genoux.
Volontaire et décidée, malgré les reflux des marées, ces trucs qui reviennent vous choper par le bas du jupon alors même que vous avancez.
Forte. Je ne compte plus les croche-pieds ces derniers mois, les trucs à vous rétamer la tronche sur le macadam, qui s'enchainent sans relâche, des trébuche-tout. Par hasard ou par malchance. Pas toujours honnêtes, de mauvaise foi ou malhabiles. Ces trucs qu'elle ne juge pas, chacun fait comme il peut. Elle entend toujours toutes les raisons des colères des autres.

Et je la retrouve, seule, ne lâchant pas son flambeau.
Elle a été malmenée, elle s'est un peu malmenée elle-même. Elle a été la sorcière de plus d'un, et d'une. Elle a le cœur qui saigne, elle s'est pris des coins du quotidien au coin du bec, elle a le menton en marmelade et l'œil poché. Croit-elle.

En vrai, elle est lumineuse -les regards croisés dans la rue me donnent raison ! Généreuse. Fidèle. Fidèle à elle-même.

Elle ne fait pas de sa douleur le centre du monde, elle n'en fait même pas le centre de son monde.
Elle avance, ne lâche pas, bouge des meubles, peint des murs, elle fait les démarches que cette nouvelle maison demande. Elle pense à ses enfants, les écoute, réfléchit, les accompagne. Elle pense à ses amis, les écoute, réfléchit, les accompagne.
Elle ne se noie pas dans un activisme forcené. Elle fait ce qu'il y a à faire, quand il faut le faire (elle m'épate pour ça, je commence à peine à pouvoir le faire à nouveau. Elle n'a jamais lâché ça).
Elle ne se met pas en retrait, elle parle, elle partage. Au creux d'elle, il y a toujours autant de place pour les gens qu'elle aime.

Elle se sent creuse et vide. Et moi je vois un émerveillement qui n'a jamais été éteint.
Je la vois se nourrir de ce qui la touche, de ce qui l'émeut, de ce qui la meut. J'entends sa curiosité, des autres, de soi. Ses engagements.

Le mouvement est plus lent, peut-être. L'enthousiasme un peu farouche. La confiance un peu amochée.
Le contraire eut été anormal, inquiétant.
Ce n'est pas une maladie honteuse, un chagrin.

Je voudrais lui chuchoter encore
Tu te vis albatros au sol, le temps de lui ranger les ailes à ce chagrin, le temps de lui essorer la peau. C'est juste pour aujourd'hui, et pour demain peut-être encore.
 Tu te vis claudiquante et bancale. Et moi ce n'est pas la Toi que je vois. Je ne mens pas. Demain ira bien.

J'aimerais qu'elle soit pour elle-même l'Amie qu'elle est pour moi.



5 commentaires:

  1. Je suis toujours très admirative des mots que tu sais mettre sur les choses, les émotions... la vie quoi ! Ce billet est un modèle ! Je me sens très proche de vous pour d'autres raisons, j'ai d'ailleurs intitulé un billet d'humeur "mes Ga" mais j'aurais aussi bien pu l'intituler "mes Lisa" tant vous semblez vous aider l'une l'autre ! Courage les filles, ne lâchez rien !

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  2. Lisa a de la chance (et elle le mérite) d'avoir une amie aussi précieuse!!!

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  3. je suis passée de chez Lisa à chez Ga,
    vos deux billets sont juste magnifiques!
    Quelle belle amitié!

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  4. Papillon Papillonnage21 août 2012 à 13:23

    C'est bien de se trouver un jour comme ça et de s'accompagner toujours comme ça.

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