dimanche

pOur lA vie

Elle a glissé du soleil dans mon samedi, un samedi patatras réchauffé par ces images et ce texte qu'elle m'offre.
Ça commence avec ces mots là, juste après la toute première image

"Pour mes chéries, les étrangères, les âmes sœurs
Pour mes adirées, les folles à lier, les protectrices
Pour mes très aimées, les rieuses, les obscures
Pour mes admirées, les génies, les beautés fatales
Pour mes indispensables, les tendres, les bavardes

C'est une chance de la vie de vous connaître
Emmanuelle"

Juste avant, il y a

et puis après


Et enfin

Un jour je serai vieille et grise et ridée, pétrie de sourires qui seront les parchemins de ma peau, et dans mon eau il y aura avec moi mes d'Artagnanes, mes Trois Mousquetaires.
Elles y seront, elles y sont déjà. Indéfectiblement. Mes Précieuses.



Merci Lisa, merci indéfiniment.
(les photos, faites avec les moyens du bord sont pourries. Ça ne rend hommage à personne, tant pis. J'espère qu'on ne m'en voudra pas) 

 

Une amie pour la vie
de Laëtitia Bourget et Emmanuelle Houdart
aux éditions Thierry Magnier 

samedi

cOmptine en forme de pOire

Vingt-Quatre nœuds à ton mouchoir
Vingt-Quatre creux à ta mémoire
Vingt-Quatre sourires pour ton grand soir
Vingt-Quatre siècles à ton espoir
Vingt-Quatre vœux lovés à ton pieu le soir
Vingt-Quatre Vieux dans ton mouroir

Vingt Quatre pieux...

dimanche

luTine

Hier soir, je me suis laissée bercer par l'Amélie Poulain de la chanson, et c'était bon. Cette fille est une lutine masquée qui fait du bien !

mercredi

Don't touch me

J'ai refermé les dernières pages de Ne me touche pas, le tome 1 d'Insaisissable.

Evidemment, un truc vendu comme le nouveau phénomène Twilight, il fallait que j'y jette un œil !

Evidemment, un texte parsemé de morceaux de phrases barrés, en dialogue intérieur, ça m'interpelle ! (ou comment parler aux blogueuses !)

Plus que de Twilight, l'histoire m'a ramené vers Delirium, ou la série Insoumise (Promise, etc.), et cet autre encore, mais flûte, j'ai oublié le nom.

Et j'ai beaucoup aimé. Parce Que l'écriture. C'est elle qui m'a accrochée la première.
Parce que particulière, dans ce monde de littérature surnaturelle, paranormale et/ou dystopique.
Alors oui, bien sûr, il y a des redondances, des questions qui se répètent, et pour certaines la figure de style ne fera peut-être pas recette. Chez moi ça a fait mouche, comme une Amélie (Poulain) fondant en larmes, sanglots sur pied, au fond de son bistrot. Le même effet.
Je ne l'ai pas lu en V.O.. J'irai lire le tome 2 (en février je crois) dans sa langue maternelle. Pour commencer. Je suis curieuse de voir ça. Je tire en tout cas mon chapeau au traducteur. Et à Tahereh Mafi, l'auteur.

Ça commence comme ça
Je suis enfermée depuis 264 jours.
Je n'ai rien d'autre qu'un petit carnet, un stylo cassé et les chiffres dans ma tête pour me tenir compagnie. 1 fenêtre. 4 murs. 13 mètres carrés. 26 lettres de l'alphabet; que je n'ai pas prononcées deuis 264 jours d'isolement.
6 336 heures écoulées depuis que j'ai touché un autre être humain.

- Tu vas avoir quelqu'un pour partager ta cellule chambre, m'ont-ils dit.
- On espère que tu vas pourrir sur place. Pour ta bonne conduite, m'ont-ils dit.
- Encore quelqu'un de cinglé comme toi. Fini l'isolement, m'ont-ils dit. 

Un peu plus loin
[...] Il a les bras tatoués, des manches courtes qui lui arrivent au coude. A son sourcil il manque un anneau, qu'ils ont dû lui confisquer. Des yeux bleu foncé, des cheveux bruns, une mâchoire saillante, un corps mince et musclé. Superbe. Dangereux. Terrifiant. Terrible.

A peine encore un peu plus loin
Je me suis toujours posé des questions sur les gouttes de pluie.
Je me demande comment elle tombe en trébuchant les unes sur les autres, en se brisant les jambes et en oubliant leur parachute quand elles dégringolent direct du ciel vers une fin certaine. Comme quelqu'un qui vide ses poches sur la terre et se moque de savoir où leur contenu va tomber, de savoir que les gouttes de pluie éclatent quand elles chutent, que les gens maudissent les jours où les gouttes osent pianoter sur leur porte.
Je suis une goutte de pluie.

Et puis, en vrac
Je pense que si je me fige, je peux figer la douleur. Un jour, je ne bougerai pas pendant des heures. Je ne bougerai pas d'un centimètre.
Si le temps se fige, rien ne peut aller de travers.

La vérité est une maîtresse jalouse, perverse qui ne dort jamais... Voilà ce que je ne lui dis pas. Je n'irai jamais bien.

L'espoir est une poche remplie de mille possibilités.
Je le tiens au creux de ma main.

L'obscurité m'étrangle.

Tuer le temps n'est pas aussi difficile que ça en a l'air.
Je peux me tirer une centaine de chiffres dans la poitrine et regarder saigner les virgules décimales dans le creux de ma main. Je peux arracher les chiffres d'une pendule et observer les aiguilles faire tic, tic, tic jusqu'à leur dernier tac avant que je m'endorme. Je peux suffoquer quelques secondes simplement en retenant mon souffle. J'ai tué des minutes pendant des heures et personne n'a l'air de s'en inquiéter.

Bon j'arrête là, à traquer le meilleur morceau choisi, me voilà repartie à lire le livre dis-donc.
Je ne sais plus exactement à quel moment elle ne rougit pas mais est repeinte en rouge.
Bref, c'était bon à lire.






vendredi

Sharon & Mina, & Lisa

Il y a quelques mois, j'avais loupé Mina.
Mercredi, elle revenait goûter, chouette ! 
Alors on est allée goûter, Lisa, 6 de nos mômes et moi. Elle a fait un aller-retour rien que pour ça, pour que nos Filles et nos Deux-P'tits Gars puissent frétiller en se retrouvant, pour qu'on puisse poser ensemble nos Seize-Oreilles sur cette voix-là. Put*§* de kilomètres entre nous parfois ! (mais pas tant finalement, c'est vrai. Il y a d'autres distances bien trop lointaines).

Le soir j'y retournai, sans elle mais avec d'autres compagnes.

Convaincue, je l'étais déjà, Mina, je la guette depuis ce temps-là.
Or depuis quelques temps, je suis touchée par ce que chante Sharon Van Etten, qui, bonheur, faisait la première partie de Mina Tindle ce mercredi.
Doublement convaincue donc j'étais. Et je n'ai pas regretté. Je pourrais même y retourner.

Je pourrais vous parler des gens dans la salle, de cet homme au visage tracé-cassé à la Dany Brillant, de cette femme qui doit être le frère jumeau de Patrick Juvet, de cette fille-si-près au profil... volcanique -en moins beau, en moins fin.
Je pourrais vous parler du batteur-viking de Sharon Van Etten, à la voix suave quand il me murmure dit "Hi" alors que je reviens des toilettes. Je vous cacherais alors qu'il a un je-ne-sais-quoi de ce monsieur d'Abba dans la coupe de cheveux et la coupe de barbe.
Je pourrais vous dire que la bière était bonne et raisonnable.
Je pourrais vous dire que Mina était encore plus belle le soir dans sa jolie robe que dans l'après-midi. Je pourrais vous dire que son sourire me subjugue autant.
Je pourrais mais n'en ferai rien (Heureuses Vous !) Ecoutez plutôt.

Je me serais déplacée rien que pour celle-là !


Et là, des bribes de Mina

mercredi

mAlheur

J'ai retrouvé dans mon tiroir, chiffonné sous un vieux mouchoir, un petit bout de papier sur lequel j'avais écrit 

Et je me penche sur mon petit malheur, et je le ressasse et je le caresse.
Ce n'est rien qu'un p'tit malheur, un p'tit malheur de rien, un p'tit malheur ni plus ni moins.
Mais celui-là, c'est le mien. Alors j'y tiens.

mardi

pschiii pschii pschi

Derrière tÔa il y avait mÔa,
et devant tÔa aussi parfois.
Autour, il y avait des gens.
Des gens qui disaient quelque chose.

Il y avait des gens qui pensaient des choses.
Des gens qui imaginaient des choses.
Qui s'imaginaient des trucs.

Il y avait des bruits de pas dans les allées,
des bruits de pas qui résonnaient sur le pavé,
des talons qui claquaient,
des foulées dans l'escalier.

Il y avait du bruit, on ne s'entendait plus.
Il y avait le chuchotement bruissant de ces gens pensants.
Il y avait du silence qu'on ne distinguait plus
assourdi par leurs bruits confus.

Pandore enivrée chevauchait Gorgone médusée.

Et le lendemain, le jour s'est levé.


dimanche

dreAms

Réveil saugrenu ...
Je me quitte hoquetante et sanglotante dans mon rêve, à renifler comme un cochon, pour me retrouver perplexe, assise entre mes draps, aussi interrogatifs que moi. Je clignote des paupières. Je cherche du coin de l'oeil un autre angle pour envisager tout ça. Je sais bien le miroir que sont toutes les personnes rêvées, les reflets qu'ils sont. Je me questionne sur leur propos. Le mien alors ?
Les plis de la mauvaise conscience remontent petit à petit, l'oeil de Moscou qui vibre au-dessus de ma tête, façon hélico !
Réinventer sans cesse la danse du Non, tout ça ne (re)passera pas par moi !

Mais d'abord un café, lutter contre l'irrépressible envie d'allumer le chauffage dans cet appartement aux allures de champ de cartons -que nous quitterons tout bientôt maintenant que la grande maison est (presque) à nous.

Ne pas se laisser paniquer, ne pas se laisser réduire la respiration et le sourire, n'est-ce pas ? Détendre cette petite pression dont je m'habille et qui ne vient que de moi et de ce regard froid que je porte parfois.
Brrrr !
Et grogner, montrer les dents quand se hérisse mon poil -que je porte court pourtant. Défendre les petites parcelles de moi. J'en ai bien le droit, il paraît hé hé !

Allez, hop-hop-hop !

jeudi

frAnçoiz et les lOups

J'ai pas le temps, j'ai pas le temps, je trouve plus le temps !
Je cours, je me faufile entre les secondes, je rebondis.
Pour l'instant je ne m'essouffle pas.

J'ai mes humeurs enfermées dans un sachet en plastique que je cogne parfois dans mes galopades. Elles en ont vu d'autres les petites, et pour l'automne elles ont opté pour le casque intégré. Même pas mal !
Mais parfois je fais des bleus. Plus à moi. C'est bizarre. C'est pas exprès. Parfois je me sens froide comme une tranche de jambon congelée, j'ai l'impression de ne même plus savoir épeler le mot "empathie".

Je cours, je berzingue, et à nouveau je ne veux rien lâcher. Et pas le sommeil non plus, c'est ma nouveauté de la saison : je combats la cerne, je dors (pour éradiquer la râlerie-au-travail essentiellement, en fait). Comment vais-je pouvoir continuer à faire ? Sur quoi rogner ? Ouh la la, vais-je devenir hyper organisée? Plus de trois jours je veux dire.

Voilà voilà pourquoi le plus souvent ces derniers temps, je n'écris pas.
Ça ne durera pas.

Et ce soir, je fais une ode aux poils de tous loups (et à la louve des volcans) !

Sinon, Vous, ça va ?

vendredi

Tu me manques et je m'inquiète. Et tant pis.

Je n'ai pas trouvé dans Les Séparées l'écho, l'intime que je pensais rencontrer. J'étais peut-être trop imprégnée encore des Lisières.

Mais j'ai aimé cette phrase.
"Comment vivais-tu sans cet élan ?"

Tu me manques et je m'inquiète. Et tant pis.


jeudi

Les LisièRes

Au-delà des mots-échos, des résonances intimes et universelles, j'ai aimé, aimé, aimé Les Lisières, à le lire à petite lampée, pour ne pas le quitter trop vite, trop tôt, aimé pour le regard sur l'usure de "notre" société, petit rat rongeur grignotant posé sur "nos" épaules. Enfin, sur celles de certains plus que d'autres.
Je n'y ai pas lu de prosélytisme, sans doute suis-je public conquis, captif ou convaincu.
Je n'y ai pas lu de jugement à l'emporte-pièce, plutôt de la tendresse malgré le regard implacable. Ou de la compassion (je vais me faire détester, là). De la compréhension, de la désolation.

Et pour ce questionnement-l'air-de-rien qui me plaît tant, cette dichotomie étrange et sans lieu à mes yeux : vivre la vie, écrire la vie. Comme s'il y avait là une antinomie. Comme si les mots posés devaient être porteurs d'une vérité tangible et incontestable, d'une réalité stricte et exhaustive...
Ai-je le droit d'écrire ce que j'écris. Suis-je légitime ? Qui l'est ?
Ici ou là, j'écris ce que je suis et je suis ce que j'écris. Rien que ce que j'écris, tout ce que j'écris. Je le jure. Et la marmotte, elle plie le chocolat, et le lecteur, tout ballot qu'il est, est né de la dernière pluie sur une feuille d'acacia !

Une vie écrite, c'est une vie aussi, non ?

Les Lisières - Oliver Adam - Flammarion
(dont je vous conseille cette chouette et parfaite critique)

dAns les mOts des autRes

J'ai toujours le souffle court à trouver dans les mots des autres le contour de gens croisés, aimés, accompagnés, accompagnateurs d'aujourd'hui ou passés. Ça me saisit, ça me crie vrai.
Entre les mots, j'extrais, je concasse, je presse et je trace le portrait qui sied le mieux au regard que je pose. Je suis voleuse de mots.

"Il n'y avait qu'une seule vie. Et j'avais toujours été incapable de la vivre vraiment. Au final j'avais choisi de contourner l'obstacle. J'avais choisi de déserter. Je n'en étais pas spécialement fier. [...] La moindre contrainte me pesait. Obéir à un patron, me lever pour me rendre au bureau était au-dessus de mes forces. [...] elle a fini par trouver ça indécent, cette façon d'affirmer que je n'étais pas fait pour [...] la vie sociale. Comme si quelqu'un l'était.[...] J'affirmais à qui voulait l'entendre que c'était tout le contraire, que [...] je reprenais possession. Du monde des autres et de moi-même, que j'étais précisément au cœur de la vie quand tout le monde en était détourné par obligation, fatigue ou paresse [...]. Mais je n'étais pas dupe de mes propres mensonges. J'avais déserté. On pouvait y voir une forme de courage ou de lâcheté, c'était selon. La deuxième hypothèse avait ma préférence."

"Et si je réfléchissais un instant c'était là la marque de la plupart de mes amitiés masculines. Au fil des années, j'avais toujours jeté mon dévolu sur des types brillants qui m'entraînaient dans leur sillage, dont j'enviais la beauté, la légèreté, le charme. Ils étaient en quelque sorte mon négatif et je les regardais d'en-dessous, guettant les miettes d'affection et de confiance qu'ils voudraient bien me prodiguer." 

"Cette géographie indistincte où j'avais poussé sans m'en souvenir. Confusément, ces trois éléments semblaient étroitement liés, me paraissaient éclairer quelque chose. J'y lisais les fondations de mon goût pour les échappées, de mon penchant pour la fuite et l'absence, l'effacement. J'y comprenais mieux ma défiance des racines, des identités confinées et rances, ma capacité à me sentir chez moi à l'autre bout du monde, de me choisir des refuges et de tout y réinventer.

"[...] à cette heure où [...] quelque chose se tendait dans la maison, [...], après ça c'était foutu, j'étais un peu [...] parti, S. finissait par tout prendre en charge dans la maison pendant que je me noyais dans la musique, une cigarette à la bouche."

"Sans doute n'étais-je pas assez soigneux. Tout ce que j'utilisais se dégradait sur-le-champ. A peine achetée une veste sur mes épaules paraissait vieille de dix ans." 

"[...] j'avais tant à rattraper, une vie entière croyais-je, j'avais tellement tout gardé en moi, j'avais tellement vécu verrouillé à l'intérieur de moi-même, j'attendais que quelqu'un me délivre, j'attendais qu'on m'offre un abri, un regard, un visage comme un refuge." 

"[...] et je m'en voulais de n'avoir su nous garder de l'usure, des entailles, des éraflures que le temps s'était chargé d'élargir, jusqu'à creuser un gouffre dont je n'avais pas eu la moindre idée avant qu'il ne nous engloutisse." 

"J'aurais tout donné pour reprendre les choses au bon endroit et épargner à mes enfants la souffrance que je leur infligeais en ayant été infoutu de garder leur mère auprès de moi, ou plutôt de me garder près d'elle, de la ménager un peu, de ne pas tant me reposer sur elle, qui gouvernait chacun de nos jours, qui savait toujours quoi faire en n'importe quelle circonstance, sans qui nous n'aurions rien connu de cette vie, sans qui je me serais effacé, [...] puisque sans elle j'étais tout juste bon à m'enfermer dans un placard, tremblant d'une peur indéchiffrable, rongé par un mal que rien n'étouffait, ni l'alcool ni les médicaments, un mal qui était une maladie incurable qui allait finir par m'emporter, c'était si clair pour moi, il était si évident que sans elle j'aurais fini mes jours dans un de ces départements psychiatriques [...] oui c'est là que j'aurais fini j'en suis certain [...], et me sautait à la gueule combien ce qui séparait le dedans du dehors était mince, fragile, et ne tenait qu'à un fil."

pp. 40-41, 57, 69, 146, 155, 167, 170, 186 
Les Lisières - Olivier Adam 
J'espère qu'il ne m'en voudra pas de ces emprunts...

wAx dAutremer et rebeccA tAilor

Quelques jours déjà que je bave devant la couverture du nouvel album de Wax Tailor....
Sacrée Rebecca (je m'avance peut-être, je n'ai rien vérifié, mais on ne me fera pas croire qu'il ne s'agit pas là du trait de pinceau de la Demoiselle Dautremer !)
Rien que pour ça je pourrai l'acheter.

Et comme le reste le vaut bien et sonne chouette à mes oreilles...


aujOurd'hui

Le temps passe, trépasse et me panse.

Je m'inquiète d'une amie dont je n'aurais plus de nouvelles, j'encartonne, pour la deuxième fois en treize mois, avec envie cette fois, et j'avance mi-somnambule, mi-funambule vers ce bout de vie à la quadrature inattendue.

Je regarde étonnée, ébahie, soufflée, les Petits devenir Grands. Je n'ai plus ici d'escalier pour poser mes fesses et les regarder vivre, juste les regarder vivre. Alors je m'assieds sur un bout du canapé rond à pois, et je les regarde comme ça, quand ça ne les gêne pas. Bientôt, je retrouverai un escalier.

J'entends des mots en re- : re-construction, et je n'aime pas. Je n'ai pas besoin de re- à ce mot-là.
Re-constitution... pouh, je l'ai assez fait, je connais le chemin d'où je viens, après les allégations je prétends, doucement, à l'allègement.

C'est étonnant, je n'ai jamais rien menti. Mais un jour, j'ai cru que si.
J'étais peut-être seule en ma citadelle, mais ma citadelle était bien réelle.
Et puis d'abord c'était même pas une citadelle.
Na ? ... !

mercredi

fliP agAin

Finalement, je crois que c'est encore celle-ci que j'aime le mieux. Juste parfaite pour accompagner ma nuit.




fliP

Je ne connaissais pas, vous connaissiez vous ? Merci Télérama !


Mais je préfère, de l'album, encore celle-là

 

mardi

le cŒur qui bAt et dAnse la viE

Ce soir, je me trimballe avec elles dans les pensées.

Ce soir, je me suis autorisé une immersion dans leurs univers. A nouveau.
Comme d'autres sur lesquelles j'ai détourné les yeux, je les ai quittées du regard il y a quelques mois, deux ans ou presque. Et toute une vie s'est écoulée depuis.

Nous nous sommes croisées, ici, ailleurs, au détour d'un mot, au coin d'un resto.
J'en ai gardé, pour l'une, un mot qui ne quitte jamais les murs qui me suivent et m'accueillent.
J'ai en commun avec celle-ci Lily l'enchanteresse.
J'en ai gardé, pour l'autre, des souffles qui toujours m'ahurissent.
J'ai en commun avec celle-là... des ribambelles qui n'en finissent pas et ne s'arrêtent pas là.

Il y en a d'autres, chères à mon palpitant.

J'ai été émue, intensément, par ces petits liens qui se tissaient ou qui ne tenaient qu'à une fulgurance. Des petits bouts de trucs qui prennent leur temps, qui ont tout leur temps, et d'autres éphémères, mais qui n'en sont pas moins signes pour autant.
J'ai été émue, heureuse et émerveillée, comme souvent, comme toujours et parfois c'est saoûlant, de ces petits cailloux qui forment des pontons sur un chemin, qui tracent des dessins, des petits encouragements à être, des "va où tu veux, c'est bien", des "comme tu fais, c'est bien".
Une sororité singulière, une bienveillance accrue, une humanité complice, une solidarité persuadée.

J'ai été émue, et je m'en suis sentie niaise. Ridicule.
On a taxé tout ça, tout ce lot-là que je viens d'énumérer, de fake, de faux, de virtuel, de biaisé, d'extase mystique. On a opposé des confusions, on a monté des oppositions, le traditionnel clivage du réel/virtuel, la légitimité de l'être, et caetera.
Soit. Oui, pourquoi pas. La réduction me paraît caricaturale, un chouilla à l'emporte-pièce.
Je crois qu'il y a de la place pour tout, je crois que toutes les formes peuvent s'inviter. Je crois que les nuances font les plus belles vérités.

J'ai été attaquée, pointée du doigt, et j'en ai fait quelque chose de monstrueux, que j'ai laissé m'abîmer pour du sérieux.
J'ai douté, je me suis laissée malmener, balayer. Je ne sais pas pourquoi au juste, je ne sais pas encore à quoi, en quoi, cela m'aura servi. J'imagine qu'un matin, ce sera limpide. En attendant, je suis les escarpements de mon bonhomme de chemin, plutôt confiante, à nouveau. Et je renoue avec mes petits enthousiasmes et mes battements de cœur.

Ces femmes-là m'émeuvent et me touchent et me plaisent. Pour la poésie, le pittoresque au quotidien, et l'appel de la vie à la vie. Malgré tous les malgrés.

Ce soir, j'avais envie de leur offrir cette ballade-là

lundi

Lire, le prOpre de l'hOmme et le libRe-arbitRe

Lire est le propre de l'homme, c'est ce petit recueil de témoignages et de réflexion publié et diffusé gratuitement par L'école des Loisirs l'année dernière. Ô la belle généreuse forte puissante initiative !

Je lui tourne toujours régulièrement les pages à ce recueil et n'en finit pas d'être touchée, émue, complice. Convaincue.
Rien que le sous-titre..."de l'enfant lecteur au libre électeur"

Il y est une lecture, une écriture plutôt, que j'aurais voulue de mon crû. Pour l'écho qu'elle m'a fait.
Celle de Sophie Chérer. Page 123.
Alors puisque c'est gratuit et que je cite mes sources, je ne pense léser personne... Bien sûr, puisque je ne retranscris pas ici son texte dans son intégralité, mais "mes" morceaux choisis, je tronque légèrement le propos.Vous m'en excuserez

" Septembre 1954. Le Premier Ministre, Pierre Mendès France, s'adresse solennellement à la radio, la veille au soir de la rentrée des classes, à tous les écoliers du pays. Il commence par leur avouer son amour des grandes vacances. Lui aussi, à leur âge, voulait qu'elles durent toujours. Et, très vite, on se pose avec eux la question : Pourquoi renter à l'école alors qu'on est si bien, chez soi ou dehors, à jouer ? Et il réponds sans ambiguïté : parce que l'école existe pour donner des forces aux enfants qu'ils sont aujourd'hui, pour les cultiver, pour leur permettre de grandir et de devenir les adultes accomplis dont leur pays, et le monde, auront besoin demain.
Depuis ce temps, aucune homme politique n'a plus parlé ainsi à l'enfance et à la jeunesse de son pays, avec cette confiance et ce respect profond, sur ce ton exemplairement républicain : libre d'esprit, égal d'humeur et fraternel.
Pourquoi ?
Les temps ont changé. Une clique de cyniques dangereux est arrivée au pouvoir, qui réussit à faire passer un foulard ou une kippa sur la tête, une croix ou une médaille autour du cou, pour des déclarations de guerre à l'humanité, tandis qu'elle-même étale en toute impunité les signes par milliers, extérieurs comme intérieurs, de la vraie religion de l'époque : fric, finance, marchés boursiers, performance, technologie, flexibilité. Tout, jusques et y compris l'école doit à présent obéir à ce commandement : être rentable. Procurer une rente, donc. Mais au fait, à qui ?
[...] pour être compétitif face aux puissances émergentes du XXIe siècle, l'Occident industrialisé allait avoir besoin d'une part, d'une élite autoproductrice constituée de 10 à 20 % de la population, cultivée, matériellement aisée, affranchie à tous points de vue, et, d'autre part, d'une masse constituée des 80 à 90 % restants, sous-développée intellectuellement, inculte, surendettée. Des petits consommateurs en rangs par deux, drogués aux gadgets, principalement préoccupés de suivre les modes imposées, incapables de remise en question privés d'esprit critique et de références. Bridés par la trouille de perdre leur place.
[...]
Nous, être humains, avons cessé d'être des âtres de langage. Nous sommes devenus des êtres de force de vente et de pouvoir d'achat. Ce qui nous est inutile, voire nuisible, nous est présenté comme indispensable. Ce qui nous est vital, la splendeur de la nature, la vie de l'esprit, le temps de vivre, la curiosité intellectuelle, l'amitié avec quelques grands hommes et femmes du passé, nous est présenté comme vain, trop coûteux, non rentable, irréaliste.
[...]
Les scientifiques nous l'apprennent : c'est entre trois et quinze ans que l'organisme humain assimile le mieux le calcium. C'est durant cette période de douze ans qu'il se bâtit un squelette, une colonne vertébrale à toute épreuve. Ensuite il est (un peu) trop tard.
Eh bien, il existe un calcium de l'âme.
Les enfants, au fond d'eux, en sont parfaitement conscients. Ils ont soif de parole fortes, de lectures nourrissantes, de textes qui ne les laissent pas seuls avec leurs questions, leurs tourments, leurs désirs, leurs angoisses, d'exemples, d'adultes qui leur donnent envie de grandir, d'expériences fondatrices qui les animent et les structurent au moment où ils en ont le plus besoin, et où ils sont le plus aptes à les retenir par toutes leurs fibres, à en faire un miel capable de couler leur vie durant.
[...]
Mais ne nous lassons pas non plus d'argumenter, d'exposer, d'expliquer partout où nous avons l'occasion de rencontrer des enfants et des adolescents, que quelqu'un, quelque part, a intérêt -un intérêt morbide - à ce qu'ils soient incultes, incapables de penser et de parler (car on peut très bien savoir lire, écrire et compter - qui sont des moyens - si c'est en méconnaissance complète des fins : la parole et la pensée libres, à quoi bon ?).
Pensons à leur faire découvrir aussi une phrase décidément méconnue de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, en son article 2, qui dit que "les droits naturels et imprescriptibles de l'homme" sont "la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression".
La résistance à l'oppression."



Parce que lorsqu'on me demande quel est est mon métier, je réponds facilement que je contribue, avec mes petits moyens, à la formation du citoyen en graine. Parce que, prétentieuse et jardinière, je me rêve pourvoyeuse de libre-arbitre.
Pas en faiseuse de bons petits soldats.

Merci Sophie Chérer.

dimanche

liRe

J'ai lu dans le Elle, à la fin de l'interview de la jolie demoiselle Lou D.
"Ça fait 10 ans que ça va mal [...]. Si j'avais eu plein d'argent ou si j'avais eu 3 films encensés par la critique, cet album n'aurait pas existé. Aujourd'hui je suis la preuve qu'il ne faut rien changer. J'ai mis du temps à me trouver, on a mis du temps à me trouver, mais tout est bien qui finit bien puisque j'existe enfin".
Et je pense à mon Amie Chère, une autre jolie demoiselle L. J'ajouterais juste que là n'est pas la fin.

J'ai lu dans le Elle ces propos d'Amélie N.
"Il n'y a aucun calcul. C'est devenu une seconde nature. [...] Je vous parle là de choses infiniment délicates, j'en ai conscience. [...] Je suis dans un double mouvement : tentée de révéler ce qui me dévore, en m'en approchant le plus possible par l'écriture, et obligée de me taire. C'est ainsi que mes livres s'imposent à moi. [...] il y a aussi tous ceux que j'écris et qui ne seront pas lus parce que je ne le veux pas. Ils me soulagent et me sont nécessaires mais ils ne s'adressent qu'à moi. [...] au moment de l'écriture, la question qui se pose c'est : "jusqu'où vais-je pouvoir m'approcher de l'indicible ?". [...] ma façon [...] c'est d'être enceinte d'un livre tout le temps.[...]  les idées s'emparent de moi et je n'ai pas d'autre choix que d'accoucher."
Et je pense à ma pomme. Sauf que ce ne sont pas (encore ?) des livres que j'écris. C'est prétentieux, non ? Mais c'est tellement comme ça.

J'ai lu Olivier Adam, qui me ramène à chaque fois à cet homme que j'ai aimé tellement fort, tellement qu'il n'avait plus besoin de s'aimer lui-même, croyait-il. Tellement qu'il s'est extrait de notre vie, est allé en explorer d'autres ailleurs, un peu zombie, un peu lui. Il avait oublié que j'avais besoin d'être nourrie. Sûr qu'il était que je pourrais tout aimer et tout tenir pour deux. Mais je n'ai pas su. Je me suis cassée. Démantibulée. Desséchée.
"Je n'étais jamais là. Je ne l'avais jamais vraiment été. C'était comme une maladie. Qui remontait à mes origines. Ma vie s'ouvrait sur un trou noir. Une absence. Un socle dont rien ne subsistait et dont je continue aujourd'hui à me dire qu'il m'a toujours manqué. Ma vie était bâtie sur du sable. Des années enfuies dont ne subsisitaient qu'une matière opaque, impénétrable."
Je n'ai pas fini de lire Les Lisières, je n'en suis qu'à la lisière (elle était facile, j'en conviens).

vendredi

l'Orée, les moyens du bOrd et Les Lisières

Ce matin dans la cour de récré, le vent s'est levé et c'était déjà l'automne.
Ce soir j'ai la fatigue un peu nerveuse des jours de retour. La peau qui tiraille, la cerne creuse, la méninge en manque d'aération. Une sensation de cracra partout sur moi.

Ce matin, nous étions un peu déçus, les moyens du bord manquaient de moyens, nous ne pouvions pas bosser comme nous le voulions. C'est un peu compliqué. L'école est un bâtiment municipal, prêté (réquisitionné ?) l'été pour le centre aéré. C'est normal.
Mais l'état dans lequel nous trouvons les locaux, d'année en année, ne cesse ... de nous laisser perplexes. Nous ne devons pas être doués, nous n'arrivons manifestement pas à faire comprendre notre exigence. Ce n'est jamais rien de grave, ni de bien méchant, c'est de la petite négligence crasse qui, au final, amoche notre cadre de vie. Et c'est si précieux un cadre de vie...
Là, le serveur avait été débranché. Pas d'internet, pas d'imprimante. C'est ballot pour une pré-veille de rentrée.
Là, des ballons avaient déplacé des plaques du faux-plafond.
Là, les murs des couloirs devaient être nettoyés, les sols raclés : on ne peut pas accueillir de nouveaux élèves dans ces traces, ce noir et cette grisaille au sol. Enfin, on ne veut pas.

Cette rentrée, B. sera toute seule pour tout nettoyer. A. et D. sont en arrêt longue maladie. Et personne ne semble se bousculer au portillon pour les remplacer, pour la soulager. On entend des "oh y a trop de travail ici".

Tant pis, on fera avec les moyens du bord. Ça fait des années que notre école est réputée pour son sens de la débrouille. Qui pourrait bien nous jouer des tours finalement (hein, puisqu'on s'en sort si bien comme ça).
Mais ça devient lourd. Et nous encore, nous sommes des grandes personnes, mais ces enfants que nous accueillons...
Et je m'interroge, pour changer, sur ce qu'on leur transmet, ce qu'on entretient, la valeur du bien collectif, la consommation du lieu public... mouais.

Ce soir, j'avais envie d'un bain.
Ce soir, je retrouvais ma brochette de Pirates, les Visiteuses d'Hier et les Deux-Gars, après un été trop long à mon humeur.
Ce soir à la nuit tombée, je me glisserai sous le drap et m'avancerai vers Les Lisières, celles qui le faisaient de l'œil depuis quelques jours déjà, et puisque jen'ai pas (encore) trouvé Les Séparées.

Ce soir, c'est l'Orée. C'est presque la rentrée.
Je vous souhaite un joyeux demain plein de terre promise.

jeudi

Ce sOir

Ce soir mes Filles, radieuses et pleines de mots d'amour, s'invitent à dormir à l'appart'.
Ce n'était pas prévu, c'est un débarquement inopiné. Qui me plaît, qui me plaît, qui me plaît.
Pour ce soir, les Gars restent avec leur papa.
Pour ce soir, on plateau-télète entre Pépettes, on spaghetti-bologne, on Reine des Pommes (merci Lisa). On sourit, on n'arrête pas, heureuses de se retrouver après tout ce (trop) long mois.

Ce soir la vie est sacrément jolie et je n'échangerais pas ma nuit pour tout un paradis. Ce soir elles sont mon Paradis !

(et v'lan comment surcharger les épaules de ses gosses en deux temps-trois mouvements !)


 

mercredi

nO life

Bien sûr que je suis une no-life !
Je n'ai pas quatre enfants, je ne suis pas instit', je n'aime pas les bouquins (ça ne sert à rien), je ne lis rien, je n'aime pas la musique en vrai, et je n'aime pas les gens. Quant à mon amoureux, on ne fait rien de sérieux. Je n'aime pas butiner, je n'aime pas voltiger, la nature m'ennuie et la vie aussi.

Mais non, je ne suis pas une no-life ! Je face et je booke, je blogue et je me (la) raconte...

M'enfin !

mardi

vivRe, c'est tout ce que je sais faire

on parsème nos chemins de sable, de cailloux, de boue, de poussières d'étoile et du reste /
on remplit nos poches de ce qu'on peut, de ce qui vient ou pas, de peu, de plein, de trop, de tout, de rien, de vide, de ça et d'autres / on retricote avec ce qui s'effiloche, le plus souvent on ne le sait même pas /

les silences ne sont pas faits pour être comblés, je ne crois pas. Un silence ça murmure, ça chuchote, ça se chante ou ça se tait. Un silence ça respire. Comblé, il meurt /

la clef est dans ta main ou sous ton pied, dans tes yeux, à l'intérieur. Évidemment. Heureusement, dis, que personne d'autre n'en est dépositaire. Ce qu'il y a de précieux dans les secrets, c'est qu'ils peuvent se partager  /
dans le tiroir en bas à gauche, dans la commode bancale rangée au fond de la cave. Celui qui coince et qui grince /

j'ai pas assez de doigts pour toutes tes étoiles /

personne ne sait ni où ni comment ni pourquoi il commence, et c'est comme ça le mieux / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /

les tiennes, les miennes, les leurs, d'autres encore /
les ami(e)s-parapluie sont très utiles par temps mouillés. C'est déjà un peu ce que chantait Candy dans son pays /

peut-être que le monde est déjà fini. Ou peut-être que comme tout, la fin reste à inventer / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /

j'ai croisé du regard, une fois dans un train qui filait, vers chez toi probablement, un arbre à épaules au milieu d'une prairie. A côté d'une grande bâtisse immense et désolée. Je te montrerai le chemin. Si je le retrouve /

soi, le petit-fond de soi, celui qui joue les penauds et les pas-glorieux, l'intimidé. Et les autres. Les autres-sois, les autres-autres. Sans oreilles, on ne peut pas faire arbre à épaules ni parapluie. Les écouter quand ils parlent d'eux. S'écouter soi comme une autre /
soi, le grand-soi, orgueilleux et corrompu. Tous. Ne pas les écouter quand ils parlent de toi. Et le silence aussi quand il fait trop mal /
non ! ouf. /
ce qu'on peut. On n'arrête pas de s'apprendre, on n'est pas figé, on se tricote en grandissant. Et on grandit tout le temps /

les livres qui attirent l'envie, qui attisent l'œil / ceux qui démotivent l'envie, qui détournent nos regards /

tous les ciels. En kaléidoscope ou comme les petits transistors-jouets-à comptines de notre enfance, tu sais ?, qui font défiler un petit décor /

euh... attends, mais où ai-je posé ce fichu mode d'emploi ? zut, je ne remets pas la main dessus /
toi (ce qui vaut bien mieux que si c'était moi ! hou hou!) /
pourquoi la vie est si belle ? Arthur (H.) le chante déjà /
ritournelle et mélodie et fugue et symphonie. Avec des silences au milieu /

des garçons des fois le dimanche /
toi, et moi, et tous les autres (tiens ça me rappelle quelque chose...) /
un remplaçant ? quelle drôle d'idée ! un prétendant charmant ? beurk ! /
les mélanges, c'est ce qui fait les plus belles humanités je crois /
vide ou plein, vide et plein, vide puis plein puis vide puis plein. Vivant surtout /

tu ne crains rien, on est phœnix /
ces serpents nous appartiennent je crois /
rien ni personne ou juste soi. Profondément soi. Avec nos schémas marqués et nos scénarios répétés parfois. Juste profondément soi /

je passe mon tour, j'en tremble souvent /
et je passe mon tour et j'en tremble toujours /

je n'ai pas assez de doigts entre les doigts pour tous les compter. Je n'ai pas envie de tous les compter anyway /
les visibles ou même les invisibles ? /

facile : ailleurs c'est aussi ici, ici et ailleurs, partout, n'importe où /

14 chez moi - 9 chez lui /
je n'ai pas osé compter /

elle n'arrête pas de tourner. Comme les vents /
rien ne se perd /

qu'aurions-nous à leur pardonner ? que nous devraient-ils qu'on ne se doit à soi ? je sais, j'exagère /
trois grammes de fous-rire, un zeste d'impertinence, une sacrée dose de confiance. Un sens quasi chrétien de l'amour de soi comme de l'autre. Des précieuses en filet, qui font trapèze et trampoline à la fois /
quiS et quoiS ? chut, on m'a dit de ne pas montrer du doigt /
un feu d'artifice, ça se fait à deux, au moins. On peut souffler sur ta braise par temps froids, personne ne peut allumer la mèche si tu n'y es pas /
elle peut bien s'éteindre. Une autre s'allumera. Que serait le jour sans la nuit ? /

plus que neuf, ça j'en suis sûre ! /

là j'ai perdu tous mes doigts. Et ça sert à quoi, dis, de les compter ? A savoir s'ils sont tous là ? Oh ! /
non, pas vraiment /
non. Ou oui, mais ils se font ailes alors, et tu t'envoles aussi. Vers devant.

La Gre, Madame-Je-sais-Tout exhaustive

Et je laisse "ma" Brigitte répondre à "sa" Françoise.

samedi

musiciEnne

Il y a de la musique dans le soupir du roseau
Il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau
Lord Byron - Extrait de Don Juan, 1819 

... m'apprend deezer aujourd'hui.

Diantre, je suis ainsi musicienne ! hé hé. Ne manquait plus que ça à mon ego tiens...

Et puis, si je fais écho dans mes élucubrations intestines... c'est agréable... un peu plus que ça même.
C'est chouette de vous lire MesDames qui passez par là, papillonner, arroser, déposer des p'tits mots. (pas sûr non plus que ça arrange mon ego. tant pis. c'est bon. je prends !)


 
de Celeste Potter, encore

vendredi

nO tuRning Back



Je reviens toujours vers ce film musical. Je trouve le propos fortement illustré.
C'est Celeste Potter qui l'a dessiné et réalisé.

Je préfère les incorporations aux hachures.
Je considère les bifurcations, j'ai du mal à envisager les erreurs d'aiguillage.
No turning back. Keep on going. With your back inside. Deep inside.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. (Lavoisier)
Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. (Anaxagore de Clazomènes )

jeudi

Des soirs & des nuits. Des matins aussi.

Il y a des soirs où j'aime regarder la pluie battre le pavé,
Il y a des soirs où j'aimerais être cette pluie qui bat le pavé.

Il y a des soirs où rien n'a de bon,
Il y a des soirs où je ne suis bonne à rien.

Il y a des soirs où je m'en fous,
Il y a des soirs où c'est fou.

Il y a des soirs déments où le moindre des moindres tourne au tourment.

Il y a des soirs où les idées fixes m'observent silencieusement puis m'envahissent.

Il y a des soirs où je suis la seule à ne pas me comprendre.

Il y a des nuits où je me dis que je n'arriverai jamais à désherber cette forêt. Mais pour combien d'entre elles dois-je désherber ? Combien y sommes-nous planquées ? Quelle est ma parcelle ?
Et je hausse les épaules, et je hausse le pas, je reprends ma serpe et j'y vais. On verra bien quand je m'arrêterai. De toutes manières c'est bien mon chemin choisi, n'est-ce pas ?

Il y a des nuits où j'imagine que je suis sorcière, à n'aimer rien tant que les alambics. A m'y retrouver, là.

Il y a des nuits où je crève de rage, encore.
Il y a des nuits où je n'ai plus de visage.

Il y a des nuits où je fais trois petits bonds. De biais.
Il y a des nuits où je me dis que ma chorégraphie m'a estropiée.

Il y a des pluies qui m'amenuisent.


Il y a des matins où je vais très bien. Merci.


mercredi

Me mYself & I, et mes chevauchées

De tableau en tableau -du Vuillard beaucoup (trop ? oups...), du Valloton (pas assez, oups...)- j'ai traîné sur les pas, étonnants, de Misia.

Sur la passerelle Solférino, j'ai croisé un corbeau. Grand, beau, majestueux. Noir. Presque luisant. J'aurais pu croire qu'il m'attendait, posé sur la rambarde. J'aurais pu lui déposer un baiser, mais il s'est envolé, puissant.

Sur la passerelle Solférino, j'ai été interloquée de voir tous ces loquets, ces cadenas. Et cette injonction sur le petit carton du vendeur de cadenas : "lock your love and throw the key". Lock your love... ? Mais quelle drôle d'idée. C'est tout à l'envers !

Et puis, au bout de notre déambulation, la Pinacothèque et la collection de Jonas Netter. Et dans la collection de Netter, des Modiagliani. Et parmi ces Modigliani, celui-là, le portrait de jeune fille rousse. Et mon émotion encore palpable...
Je vous raconte ?
Quand j'étais petite, encore plus toute petite que maintenant, ma mère m'appelait, au réveil échevelée, son petit Boticelli. Elle pensait à celui-ci plutôt. Bien trop éloigné de l'image que je pouvais avoir de moi. Alors, j'avais traduit, sans m'en apercevoir, par "mon petit Modigliani". Pour les cous longs, les visages longs, les yeux longs, haut perchés, les longs nez. Bien plus comme je me voyais. Ca s'appelle un malentendu. Celui-ci est joli.
Des années plus tard, en feuilletant le catalogue d'une exposition, je suis tombée en arrêt, troublée, sur ce portrait archi connu de l'amoureuse d'Amédeo. Mince alors, c'était moi !
C'est ridicule, vraisemblablement, prétentieux peut-être, narcissique assurément, mais aujourd'hui ce tableau haut comme trois pommes je l'ai vu en vrai. Et l'impression, partagée, n'a pas changé (la couleur des yeux en moins, mais jusqu'au bout de l'oreille lutine qui dépasse de la mèche rousse, quand j'avais encore les cheveux longs, jusqu'à il y a quelques mois).
Il y avait aussi des Valadon inconnus, des inconnus tout courts.

Et ce jaune de Soutine que je me suis pris en pleine tronche. C'est comme ça, ça ne s'explique pas.

Chaïm Soutine - L'homme au chapeau

mardi

Stealing Sheep

Je n'aime pas, je surkiffe ! (ça se dit encore ou dois-je traduire par "je surlike" ? )

la belle Zo

Ce n'est pas ma fille, c'est la "sienne".
Mais je l'aime un peu comme la mienne.
Je l'ai connue enfant, je la vois devenir Demoiselle, aisément. Jusque là. Superbement.
Une enfant de dOuze ans, une enfant encore et déjà plus vraiment.

J'aime ça, m'asseoir et les regarder vieillir doucement, se rapprocher de ce qu'ils seront, doucement.

 La belle Zo, un peu d'L. et complètement elle, forcément, a dOuze ans aujourd'hui, et je lui souhaite une treizième année jolie !


lundi

N.

NOCIVITÉ
(Larousse) Caratère de quelque chose qui est nocif, nuisible, dangereux.
Caractère de ce qui est pernicieux, , socialement, moralement nuisible.
NOCIF
(Larousse) Qui est de nature à nuire à l'organisme.
Qui est dangereux, pernicieux, funeste.
PERNICIEUX
(Larousse) Qui est dangereux pour la santé, nocif.
Qui est moralement mauvais, nuisible.
NUISIBLE
(Larousse) Qui fait tort à quelque chose, à quelqu'un ; dangereux, néfaste.
NÉFASTE
(Larousse) Qui peut avoir des conséquences fâcheuses, qui est susceptible de causer des dommages, de faire du mal. Nuisible. FUNESTE
(Larousse) Qui apporte le malheur avec soi, qui entraîne des conséquences néfastes, parfois mortelles.
Qui nuit, peut causer de grands dommages.


(ma) Nocivité se joue de ma dignité, joue à cache-cache avec mon humeur, mon terreau. Me flanque à terre, se moque de moi. Et me rattrape à chaque fois.
(ma) Nocivité joue les papiers tue-mouche poisseux, elle me colle aux cheveux, elle me colle aux yeux.
Et je me voudrais souris, trouver des essuie-glace pour de bon, me faire hypnotiser par un vampire.
Je me voudrais sourde et ne plus entendre sonner son glas. Ni son la.

Ou bien n'est-ce qu'un mirage ?

A part ça, je vais bien. Hé hé.


dimanche

wOmen

Le plus souvent ce sont ces voix que j'écoute en boucle.
Bien sûr, ici vous ne pourrez écouter que 30 secondes par titre, à moins que vous n'ayez un compte deezer, puisque deezer en a décidé ainsi... oh... à moins que ... j'essaie un truc :

vendredi

Deux

Elles étaient deux sur la route à se tenir la main,
Deux accroupies au bord du chemin
A regarder le même caillou luire après la pluie du matin.
Elles étaient deux à regarder au loin,
Deux à rire parce que c'était mieux que de se laisser pétrir par le chagrin.
C'était mieux pour ne pas se laisser envahir par les herbes folles du Rien.
Deux à crever de l'indifférence autour et des bords des ravins.
Elles étaient deux et n'avaient plus que trois mains,
Et la force d'un levier pour soulever le bouclier posé sur leurs demains.

Au neuvième matin, le jour les a trouvées déliées.
La nuit avait fini son tour, d'autres horizons se dévoilaient.
Au petit jour elles se sont regardées, étonnées.
Elles avaient quatre mains.
Et les pieds sur d'autres chemins.
Chacune le sien.

jeudi

Dico

Hier j'ai fini les 1013 pages du Cortège de la mort, d'Elizabeth George.
J'aime bien les histoires d'Elizabeth George. Ce n'est pas transcendant, mais à chaque fois je suis prise dedans.
Là non plus, ça n'a pas manqué. Il était bien tard quand je l'ai terminé.

Et puis j'y ai appris deux mots, miam !, que je n'avais jamais lus ailleurs ni même entendus (bah pui, je sais, j'ai le vocabulaire défaillant).

Prévarication (dans le texte, prévarications policières) :
d'après Lintern@ute Encyclopédie (pour faire court et simple) : manquement d'un responsable aux devoirs induits par sa fonction.

Componction (dans le texte, de mémoire flanchante, elle opinait avec componction)
d'après Larousse : (litt.) Tristesse produite par les effets du repentir, le regret d'avoir offensé Dieu.
/ (ironique) air de gravité, de recueillement.


mardi

AnywayS

De toutes manières, de toutes les manières. Dans tous les sens.

Jusqu'où, comment, on aime, on peut aimer, sans se (re)nier. Pas sans rien abdiquer de soi, mais sans s'abdiquer soi.

De la liberté d'être. Dans l'intégrité de soi. Et de sa p*º*°* de difficulté.



vendredi

3 jours avec L.

ou bien 3 jours avec Ailes, ou bien 3 jours avec Elle.

Trois jours légers au creux d'un été qui l'est un peu moins.
Trois jours et trois nuits.
Simples.

Des sourires, des rires. Des regards, droits dans les yeux. Une écoute. Son écoute. Sa présence sans faille.
Ses mots, toujours honnêtes, jamais jugeants. Son encouragement à être. Et toujours, son implacable honnêteté.

Mon Amie.

Debout, même à moitié à genoux.
Volontaire et décidée, malgré les reflux des marées, ces trucs qui reviennent vous choper par le bas du jupon alors même que vous avancez.
Forte. Je ne compte plus les croche-pieds ces derniers mois, les trucs à vous rétamer la tronche sur le macadam, qui s'enchainent sans relâche, des trébuche-tout. Par hasard ou par malchance. Pas toujours honnêtes, de mauvaise foi ou malhabiles. Ces trucs qu'elle ne juge pas, chacun fait comme il peut. Elle entend toujours toutes les raisons des colères des autres.

Et je la retrouve, seule, ne lâchant pas son flambeau.
Elle a été malmenée, elle s'est un peu malmenée elle-même. Elle a été la sorcière de plus d'un, et d'une. Elle a le cœur qui saigne, elle s'est pris des coins du quotidien au coin du bec, elle a le menton en marmelade et l'œil poché. Croit-elle.

En vrai, elle est lumineuse -les regards croisés dans la rue me donnent raison ! Généreuse. Fidèle. Fidèle à elle-même.

Elle ne fait pas de sa douleur le centre du monde, elle n'en fait même pas le centre de son monde.
Elle avance, ne lâche pas, bouge des meubles, peint des murs, elle fait les démarches que cette nouvelle maison demande. Elle pense à ses enfants, les écoute, réfléchit, les accompagne. Elle pense à ses amis, les écoute, réfléchit, les accompagne.
Elle ne se noie pas dans un activisme forcené. Elle fait ce qu'il y a à faire, quand il faut le faire (elle m'épate pour ça, je commence à peine à pouvoir le faire à nouveau. Elle n'a jamais lâché ça).
Elle ne se met pas en retrait, elle parle, elle partage. Au creux d'elle, il y a toujours autant de place pour les gens qu'elle aime.

Elle se sent creuse et vide. Et moi je vois un émerveillement qui n'a jamais été éteint.
Je la vois se nourrir de ce qui la touche, de ce qui l'émeut, de ce qui la meut. J'entends sa curiosité, des autres, de soi. Ses engagements.

Le mouvement est plus lent, peut-être. L'enthousiasme un peu farouche. La confiance un peu amochée.
Le contraire eut été anormal, inquiétant.
Ce n'est pas une maladie honteuse, un chagrin.

Je voudrais lui chuchoter encore
Tu te vis albatros au sol, le temps de lui ranger les ailes à ce chagrin, le temps de lui essorer la peau. C'est juste pour aujourd'hui, et pour demain peut-être encore.
 Tu te vis claudiquante et bancale. Et moi ce n'est pas la Toi que je vois. Je ne mens pas. Demain ira bien.

J'aimerais qu'elle soit pour elle-même l'Amie qu'elle est pour moi.



samedi

A demi

Au petit-déjeuner, fumet de petits pieds potelés -ceux qui au tout petit matin ont déposé sur le sol froid les dernières peurs de la nuit- et peaux veloutées. 
Les chevelures et les bras qui s'étalent dans tous les sens, et le silence d'avant leur réveil. 
Je déguste. Je savoure. Mon petit-déjeuner. Le temps prend son temps et je le regarde. 
C'est le dernier matin. Puisque désormais l'été est singulièrement tranché. 

Demain sera un autre matin, je dégusterai ce temps qui s'étirera devant moi, rythmé par mon seul pas si je le veux. Et ce sera bon. 

Puisque je ne suis plus mère qu'à demi, je n'aurai plus qu'à me taire. Arrive le mois où je suis la traitresse, celle qui sort du bois, celle qui ne sait plus les fatigues des nuits entrecoupées et des chamailleries à arbitrer. Arrive le mois où je n'ai plus voix au chapitre. 

Soit.
Les regards sont durs, les phrases assassines sous leurs airs anodins. Des petits règlements de compte cachés. Des miroirs déformés qui ne veulent pas dire leurs noms. 
Soit. 
L'attaque est douloureuse. Pour l'étandard de l'injustice qu'elle soulève. Pour la voix qu'elle musèle. Pour la réduction des têtes. Elle vrille la béance encore saignante. Mais elle ne change rien. Elle fait juste mal, sur le coup. Puis je hausse les épaules. Et m'en retourne sur mon chemin. Qui n'a d'autre prétention que d'être le mien. Le mien. 

Je ne veux pas m'arrêter à cette amputation. Ce ne serait pas juste. Pas juste pour Eux, mes petits Œufs, et leurs épaules encore frêles. Pas juste pour eux d'avoir à porter le poids de ce que je suis ou de ce que je ne suis plus. Je me veux vivante parce que c'est tout ce que je leur souhaite. Être vivants. 
Alors je me suis forcée. Forcée à quitter cette peau de zombie que j'habitais (vous vous souvenez ?). C'est peut-être là que se nichait mon intégrité. 

Je ne me vivrai pas disloquée et démantibulée. N'en déplaise à la décence et à la bienséance. Je ne boude pas les nuages qui assombrissent mon ciel, je ne veux juste pas susciter leur pluie sans relâche. Je n'ai pas à être punie. 

Je préfère cultiver ce que ça permet, tous les autres possibles. Ne pas m'arrêter trop longtemps sur ce que ça empêche, sur ce que ça ne permet plus. Puisque ce n'était plus permis de toutes façons. 

La meute ne verra pas à quel point mes muscles et toute ma conscience s'arquent et se bandent. Elle y verra peut-être de l'inconscience, sans doute un égocentrisme forcené, peut-être même un abandon. Elle ne reconnaitra pas les efforts d'une volonté convaincue et balaiera la douleur des crampes et des sollicitations intensives. Tant pis pour la meute. Qu'elle aboie au loin. 

Et j'écoute cette petite perle du matin, bonne comme une petite pluie d'après-midi.

jeudi

la Russe espagnOle d'un soir d'été

Glâné tout à l'heure, enregistré à l'hiver et pourtant ça se sirote comme un soir d'été à Paris. Non ? Pour faire mentir mon penchant exclusif des derniers mois pour les Scandinaves pure souche, une petite espagnole qui n'a de russe que le nom. Et la silhouette peut-être.

ouste

Le vent a passé, les marées ont fini de tourner à l'envers.
Voilà c'est passé, et de toutes manières le papier peint ici n'a pas vocation à délayer ma toute petite humanité, si délavée soit-elle. Je n'en suis pas très à l'aise. Pour ça, j'ai d'autres ailleurs n'est-ce pas ?

L'été n'a pas l'air de se décider, prend des tronches d'automne, alors je suis allée me balader du côté de l'automne.
Et à l'automne du côté de chez moi, il y aura Mina Tindle, en goûter-concert, mais pas que. En concert aussi, le soir même. Avec Sharon Van Etten. Que j'écoute depuis hier en boucle après être retombée sur un vieil article que j'avais conservé. Quelle veine !
Et comme un bonheur n'arrive jamais seul (non, promis je n'ai pas vu le film), je viens de m'apercevoir que ce même automne Julia Stone passera, dans cette même salle à côté de chez moi. Faut-il que j'installe des matelas en rab' dans le salon ?


mercredi

run bOy run

J'ai peur, j'ai froid, j'ai peur surtout. C'est grand, c'est énorme, ça pousse dedans et ça me pousse hors de moi. C'est titanesque. Je cours à ma catastrophe.
Grandir c'est courir avec ses monstres et je ne cours plus. Je trébuche, je me torgnole. Ils sont loin devant, ils se retournent, grandissent encore et fondent sur moi, ils obscurcissent mon ciel et avalent le sol sous mes pieds. Et je reste là, je suis si petite, rabougrie et tétanisée, à ne même plus oser fermer les yeux le temps de les laisser passer.
C'est ubuesque et grotesque.

samedi

Hills

La femme à la veste à carreaux rouges a le visage grossier, légèrement.
Elle porte un nom érodé, de temps qui a passé, marqué, usé.
Ou d'une fragilité dévastée et discrète, qui ne voudrait pas dire son nom, parce que vous comprenez, mes p'tites fêlures ne sont rien à côté des entailles qui traversent ce monde, n'est-ce-pas ?

La femme à la veste à carreaux rouges porte une guitare au bout des doigts et chante l'histoire d'une autre, plus vieille encore, qui aurait l'âge du temps, gardienne des premiers serments. Si seule. Et si sûre.


lundi

la reprise

J'hésitais, j'aurais voulu écrire aussi "saupoudrer" ou "plus tard", en titre ou en entrefilet.

Drôle de douzaine qui vient de se défiler, un peu comme un collier perdrait ses perles une à une. Des perles qui ne s'enfilent plus, qui se défilent donc.

Douze drôles de mois. Non, en vrai, pas drôles. Mais ne nous y attardons pas, ça fera du drôle pour plus tard, ça fait du drôle déjà.
Des mois de coton, de rouille, d'échardes. Des mois comme ça et c'est pas si grave.
Des mois de plomb, de figeaison, des mois de trous de souris (oh, j'ai failli écrire des trous de sourire). Des mois d'écueils, de vagues et d'amer refusé, rejeté, nié. Ouste.
Des sarcasmes essuyés - ou pas, des railleries, des narquoiseries. De la méchanceté aussi. Un peu de mépris.
Des haussements d'épaule, des tiens-bon-la-barre, des à-quoi-bon.

Des cécités, de la nocivité en barre, du retrait précipité. Du retrait en soi, du retrait de soi.

Et malgré tout, comme un printemps anachronique au rythme singulier, une envie de revenir ici à petits pas. Mais sans vraiment savoir comment les danser ces pas-là. L'envie ne montre que le bout du nez, et ce n'est pas assez pour parvenir à la détourer, ou la détourner. Des petits essais, des petites touches, autant d'apprivoisement que d'improvisation.

La reprise, c'est bien. Ça va autant aux chaussettes qu'aux chansonnettes.
Pour ce billet, c'est parfait.


mercredi

H.élène

Hélène Riff parle d'elle sur le site de la Charte des auteurs et illustrateurs.
Elle dit
Je m’appelle Hélène,
Ça commence par un H,
comme H
j’aime bien cette lettre, espèce de courte échelle.
J’aimerais écrire des histoires qui auraient pour titre un mot en H.
(hérisson, hameçon, haricot, hier, hiver, homme, hublot, happy-end.)


J’ai aussi à mes côtés une hache préhistorique, que j’ai trouvée dans le Sahara, en deux morceaux. Recollée, je lui ai donné la mission de me porter bonheur, et ça marche.
Le HUIT est aussi le 8.
On était huit dans ma famille, il y a longtemps. C’est resté un format. Quand je mets la table en rêvant, c’est pour huit, quand je cuisine sans calculer, c’est pour huit.
On habitait à Alger, une toute petite maison, où les toilettes étaient posées en diagonale tellement la salle de bain était étroite. Tout autour de la table il y avait un mince espace, tout juste assez pour passer. On mettait la table, pour huit donc, avec de la vaisselle dépareillée.
«  Tu ne te rends pas compte Adrien dans quelles conditions tu vis …  » nous dit un jour un ami venu de France.
Je comprends aujourd’hui ce qui alors m’avait semblé tenir du charabia : notre maison n’était pas confortable. Oui, c’est vrai, mais c’était une très bonne petite bicoque, avec le minimum, eau (pas tous les jours), électricité et amour, et un très grand jardin, avec faune et flore dignes de ce nom, un citronnier comme il n’en existe qu’un, un néflier poussé dans des proportions parfaites pour une balançoire, des coins et des recoins recelant tout un petit merdier chatoyant dont s’emparer.
L’ami a mal vu, on était dans un confort, immense, mais pas celui des objets.
Les habits par exemple n’ont jamais été une priorité. On n’allait pas ne pas rester au pied d’un arbre parce que peut-être celui-ci allait nous laisser une tache de sève.
On n’allait pas s’empêcher une promenade sous prétexte de chaussures inadéquates.
On allait ramasser des mûres à se faire rayer le pantalon, des prunes à se casser les dents sur un noyau, des noix qui laissaient au moins cinq jours le fond de nos ongles noir comme un trou.

La suite c'est ici

lundi

hiP-hOp et le muPpet shOw

C'était lundi, et c'était troooop bien !
Un truc qui requinque, même si a priori vous n'êtes pas friands de leur musique, un truc qui fait du bien aux ressorts.
A fond tout le temps et bon enfant. De grands gosses qui s'amusent et le partagent. Patate, jumpage et rires.
Lundi, c'était StarWars et les Puppets, et c'était bon!




mercredi

rObert is bAck

rObert frAncis, un nom à vous faire rebrOusser chemin.
Et pOurtant, ce gOsse-là m'émeut. Et je suis ce qu'il fait, et je guette ce qu'il fait.
Et là, doucement il revient, préparant la sortie de son 3e opus bientôt.

mardi

eX-

Ex-
-primer, -tirper, -torquer
-caver, -hiber, -horter
-iger, -agérer, -aminer
-aucer
-clamer, -communier

eX-
-croissance, -ubérance
-ogène

... à Vous !

Sara
 -it

Nata
-emple, -cuse, -ténuée, -emplaire, -terminer, -citer, -pirer, -acerbé, -act, -agérément, -onérant, -cellent

Laure
-aspérer (je l'avais sur le but de la langue celui-là)

Emilie Yéyé
-clure (et c'est pas un très joli mot)

mÔa
-ister, -céder,
-angue

lundi

chArles B.

La sottise, l'erreur, le péché, la lésine, occupent nos esprits et travaillent nos corps, et nous alimentons nos aimables remords, comme les mendiants nourrissent leur vermine. Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ; nous faisons payer grassement nos aveux, et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux, croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
[...]
Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
[...]
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, dans la ménagerie infâme de nos vices, il en est un plus laid, plus méchant , plus immonde ! Il ferait volontiers de la terre un débris et dans un bâillement avalerait le monde;

Morceaux du Au lecteur de Charles B.
Oui je sais, ça ne se fait pas d'extraire comme ça,
des bribes comme ça,
sans respecter la forme oh là
c'est du n'importe quoi !
Peut-être. Mais c'est comme ça !

mercredi

previOusly*

* ou la face caché du temps qui passe

J'ai regardé Les Adoptés. C'était parfait. Un petit film français juste doucement parfait.
J'ai aimé les images, ce n'est pourtant pas un film "esthétique" (c'est comme ça qu'on dit ?), mais il y a des cadrages et des flous enchainés qui m'ont bellement imprimé la rétine.
J'ai aimé les voix, toutes, de chacun de ces gens-là (et surtout surtout surtout celle de Mélanie Laurent). J'ai aimé les acteurs, complètement justes.
J'ai aimé l'histoire, les propos affleurés. Et tant pis pour la tristesse, ce film m'a plu. Beaucoup.



J'ai regardé Un jour. Et j'ai trouvé ça absolument nul à ch.... ! J'ai eu envie de rapporter le DVD et de demander à me faire rembourser ! C'est bien la première fois que ça arrive !
C'était peut-être couru d'avance. Je suis pourtant bon public, pas très exigeante sur la bleuette, mais là ... pffff ! Quel ennui ! Quel rien, jamais ! Même la v.o. n'a rien sauvé !
Je m'attendais à un p'tit truc léger, à la croisée de Blue Valentine (certes pas très gai ni léger pour le coup), Quatre mariages et un enterrement et Lullaby for Pi. Ben je me suis retrouvée face à un mauvais film américain raté façon années 80. Voyez le genre ?

J'ai lu Femme désirée, femme désirante. Et je crois qu'on devrait lire ce livre à toutes les petites filles. Et au moins petites aussi. Et aux hommes qu'on aime.

Et puis d'autres : un polar oubliable Sous haute tension (ça occupe le temps),  des adolescenteries Delirium 2 (qui m'a plu plus qu'à Clarabel visiblement. Mais j'aurais préféré qu'ils gardent le style de couv' de la première édition du tome 1, bouh), Nés à minuit (qui me faisait de l'oeil depuis quelques semaines. C'est bien parce que je suis curieuse que je suis allée au bout, et j'ai bien fait. Finalement l'intrigue a fini par trouver un semblant de rythme qui me donne malgré tout l'envie de lire la suite.)