Il y a eu des parenthèses désenchantées, des accrocs désarticulants et des tromperies phénoménales.
Il y a eu des désertions inattendues, des coups portés bas, plus bas encore, tellement bas, quand le corps et le cœur rampent, quand l'âme éclate.
Et la vie qui trottine devant.
J'ai été écharpée. Par maladresse. Par malhonnêteté. Par petite vengeance qui tait son nom.
Il n'y a pas d'échelle. Il y a ce qui m'appartient, il y a aussi, surtout, ce qui ne m'appartient pas. Que chacun, chacune, reprenne son lot, ses billes, ses casseroles.
Et la vie qui trottine devant.
J'ai été montrée du doigt, réduite, piétinée, saccagée. Sur ma panse ouverte sans méfiance, on s'est servi, allègrement.
J'ai eu peur, j'ai eu froid, j'ai eu mal. J'ai perdu la raison, j'ai traversé trois agonies.
Et la vie qui trottine devant.
J'ai été témoin de bûchers mal-destinés, d'erreurs de la nature, de jugements sans procès.
J'ai hurlé en dedans. J'ai pleuré sur ma dépouille, sur celle de mon amie chère.
Et la vie qui trottine devant.
Il y a eu des soutiens sans faille, des regards porteurs incommensurables, trois présences absolues.
Il y a eu des lectures qui restaurent et d'autres accompagnements.
Et la vie qui trottine devant.
Il y a la dignité qui doucement reprend consistance.
Il y a la nage indienne.
Et la vie qui trottine devant.
Et du soleil dedans.
Et le reste je m'en fous.
Vraiment.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire