dimanche

dAnser

Là où les bêtes féroces et avides se sont repues, là où la nuisance volatile lui a volé dans les plumes, 
là où la paysanne a ruiné sa jachère à coups de faux désordonnés, 
là où les volcans assoiffés ont cru pouvoir étancher leur soif inextinguible, 
là où la montagne érodée, pour grapiller quelques centimètres à son sommet, a tari sa source et muré son chant, 
là où le miroir ciselé, adroitement lancé, lui a taillé la face, 
là où sa candeur offerte lui a été soufflée et mise aux enchères, 
là où elle a été mise aux fers, 
là, à cette place-là, elle se dépèce encore jusqu'à être plus légère. 

Elle ira, chaussant ses souliers rouges, ceux que ses doigts et tout son poids auront crocheté, elle ira dansant et laissera aux geôlières le goût de leurs prisons. Ces murailles et ces enceintes et ces barres de fer ne sont pas siennes. 

Et elle ira danser, chaude et sauvage, dans les champs de blé que personne n'aura fauché.

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