vendredi

l'Orée, les moyens du bOrd et Les Lisières

Ce matin dans la cour de récré, le vent s'est levé et c'était déjà l'automne.
Ce soir j'ai la fatigue un peu nerveuse des jours de retour. La peau qui tiraille, la cerne creuse, la méninge en manque d'aération. Une sensation de cracra partout sur moi.

Ce matin, nous étions un peu déçus, les moyens du bord manquaient de moyens, nous ne pouvions pas bosser comme nous le voulions. C'est un peu compliqué. L'école est un bâtiment municipal, prêté (réquisitionné ?) l'été pour le centre aéré. C'est normal.
Mais l'état dans lequel nous trouvons les locaux, d'année en année, ne cesse ... de nous laisser perplexes. Nous ne devons pas être doués, nous n'arrivons manifestement pas à faire comprendre notre exigence. Ce n'est jamais rien de grave, ni de bien méchant, c'est de la petite négligence crasse qui, au final, amoche notre cadre de vie. Et c'est si précieux un cadre de vie...
Là, le serveur avait été débranché. Pas d'internet, pas d'imprimante. C'est ballot pour une pré-veille de rentrée.
Là, des ballons avaient déplacé des plaques du faux-plafond.
Là, les murs des couloirs devaient être nettoyés, les sols raclés : on ne peut pas accueillir de nouveaux élèves dans ces traces, ce noir et cette grisaille au sol. Enfin, on ne veut pas.

Cette rentrée, B. sera toute seule pour tout nettoyer. A. et D. sont en arrêt longue maladie. Et personne ne semble se bousculer au portillon pour les remplacer, pour la soulager. On entend des "oh y a trop de travail ici".

Tant pis, on fera avec les moyens du bord. Ça fait des années que notre école est réputée pour son sens de la débrouille. Qui pourrait bien nous jouer des tours finalement (hein, puisqu'on s'en sort si bien comme ça).
Mais ça devient lourd. Et nous encore, nous sommes des grandes personnes, mais ces enfants que nous accueillons...
Et je m'interroge, pour changer, sur ce qu'on leur transmet, ce qu'on entretient, la valeur du bien collectif, la consommation du lieu public... mouais.

Ce soir, j'avais envie d'un bain.
Ce soir, je retrouvais ma brochette de Pirates, les Visiteuses d'Hier et les Deux-Gars, après un été trop long à mon humeur.
Ce soir à la nuit tombée, je me glisserai sous le drap et m'avancerai vers Les Lisières, celles qui le faisaient de l'œil depuis quelques jours déjà, et puisque jen'ai pas (encore) trouvé Les Séparées.

Ce soir, c'est l'Orée. C'est presque la rentrée.
Je vous souhaite un joyeux demain plein de terre promise.

jeudi

Ce sOir

Ce soir mes Filles, radieuses et pleines de mots d'amour, s'invitent à dormir à l'appart'.
Ce n'était pas prévu, c'est un débarquement inopiné. Qui me plaît, qui me plaît, qui me plaît.
Pour ce soir, les Gars restent avec leur papa.
Pour ce soir, on plateau-télète entre Pépettes, on spaghetti-bologne, on Reine des Pommes (merci Lisa). On sourit, on n'arrête pas, heureuses de se retrouver après tout ce (trop) long mois.

Ce soir la vie est sacrément jolie et je n'échangerais pas ma nuit pour tout un paradis. Ce soir elles sont mon Paradis !

(et v'lan comment surcharger les épaules de ses gosses en deux temps-trois mouvements !)


 

mercredi

nO life

Bien sûr que je suis une no-life !
Je n'ai pas quatre enfants, je ne suis pas instit', je n'aime pas les bouquins (ça ne sert à rien), je ne lis rien, je n'aime pas la musique en vrai, et je n'aime pas les gens. Quant à mon amoureux, on ne fait rien de sérieux. Je n'aime pas butiner, je n'aime pas voltiger, la nature m'ennuie et la vie aussi.

Mais non, je ne suis pas une no-life ! Je face et je booke, je blogue et je me (la) raconte...

M'enfin !

mardi

vivRe, c'est tout ce que je sais faire

on parsème nos chemins de sable, de cailloux, de boue, de poussières d'étoile et du reste /
on remplit nos poches de ce qu'on peut, de ce qui vient ou pas, de peu, de plein, de trop, de tout, de rien, de vide, de ça et d'autres / on retricote avec ce qui s'effiloche, le plus souvent on ne le sait même pas /

les silences ne sont pas faits pour être comblés, je ne crois pas. Un silence ça murmure, ça chuchote, ça se chante ou ça se tait. Un silence ça respire. Comblé, il meurt /

la clef est dans ta main ou sous ton pied, dans tes yeux, à l'intérieur. Évidemment. Heureusement, dis, que personne d'autre n'en est dépositaire. Ce qu'il y a de précieux dans les secrets, c'est qu'ils peuvent se partager  /
dans le tiroir en bas à gauche, dans la commode bancale rangée au fond de la cave. Celui qui coince et qui grince /

j'ai pas assez de doigts pour toutes tes étoiles /

personne ne sait ni où ni comment ni pourquoi il commence, et c'est comme ça le mieux / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /

les tiennes, les miennes, les leurs, d'autres encore /
les ami(e)s-parapluie sont très utiles par temps mouillés. C'est déjà un peu ce que chantait Candy dans son pays /

peut-être que le monde est déjà fini. Ou peut-être que comme tout, la fin reste à inventer / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /

j'ai croisé du regard, une fois dans un train qui filait, vers chez toi probablement, un arbre à épaules au milieu d'une prairie. A côté d'une grande bâtisse immense et désolée. Je te montrerai le chemin. Si je le retrouve /

soi, le petit-fond de soi, celui qui joue les penauds et les pas-glorieux, l'intimidé. Et les autres. Les autres-sois, les autres-autres. Sans oreilles, on ne peut pas faire arbre à épaules ni parapluie. Les écouter quand ils parlent d'eux. S'écouter soi comme une autre /
soi, le grand-soi, orgueilleux et corrompu. Tous. Ne pas les écouter quand ils parlent de toi. Et le silence aussi quand il fait trop mal /
non ! ouf. /
ce qu'on peut. On n'arrête pas de s'apprendre, on n'est pas figé, on se tricote en grandissant. Et on grandit tout le temps /

les livres qui attirent l'envie, qui attisent l'œil / ceux qui démotivent l'envie, qui détournent nos regards /

tous les ciels. En kaléidoscope ou comme les petits transistors-jouets-à comptines de notre enfance, tu sais ?, qui font défiler un petit décor /

euh... attends, mais où ai-je posé ce fichu mode d'emploi ? zut, je ne remets pas la main dessus /
toi (ce qui vaut bien mieux que si c'était moi ! hou hou!) /
pourquoi la vie est si belle ? Arthur (H.) le chante déjà /
ritournelle et mélodie et fugue et symphonie. Avec des silences au milieu /

des garçons des fois le dimanche /
toi, et moi, et tous les autres (tiens ça me rappelle quelque chose...) /
un remplaçant ? quelle drôle d'idée ! un prétendant charmant ? beurk ! /
les mélanges, c'est ce qui fait les plus belles humanités je crois /
vide ou plein, vide et plein, vide puis plein puis vide puis plein. Vivant surtout /

tu ne crains rien, on est phœnix /
ces serpents nous appartiennent je crois /
rien ni personne ou juste soi. Profondément soi. Avec nos schémas marqués et nos scénarios répétés parfois. Juste profondément soi /

je passe mon tour, j'en tremble souvent /
et je passe mon tour et j'en tremble toujours /

je n'ai pas assez de doigts entre les doigts pour tous les compter. Je n'ai pas envie de tous les compter anyway /
les visibles ou même les invisibles ? /

facile : ailleurs c'est aussi ici, ici et ailleurs, partout, n'importe où /

14 chez moi - 9 chez lui /
je n'ai pas osé compter /

elle n'arrête pas de tourner. Comme les vents /
rien ne se perd /

qu'aurions-nous à leur pardonner ? que nous devraient-ils qu'on ne se doit à soi ? je sais, j'exagère /
trois grammes de fous-rire, un zeste d'impertinence, une sacrée dose de confiance. Un sens quasi chrétien de l'amour de soi comme de l'autre. Des précieuses en filet, qui font trapèze et trampoline à la fois /
quiS et quoiS ? chut, on m'a dit de ne pas montrer du doigt /
un feu d'artifice, ça se fait à deux, au moins. On peut souffler sur ta braise par temps froids, personne ne peut allumer la mèche si tu n'y es pas /
elle peut bien s'éteindre. Une autre s'allumera. Que serait le jour sans la nuit ? /

plus que neuf, ça j'en suis sûre ! /

là j'ai perdu tous mes doigts. Et ça sert à quoi, dis, de les compter ? A savoir s'ils sont tous là ? Oh ! /
non, pas vraiment /
non. Ou oui, mais ils se font ailes alors, et tu t'envoles aussi. Vers devant.

La Gre, Madame-Je-sais-Tout exhaustive

Et je laisse "ma" Brigitte répondre à "sa" Françoise.

samedi

musiciEnne

Il y a de la musique dans le soupir du roseau
Il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau
Lord Byron - Extrait de Don Juan, 1819 

... m'apprend deezer aujourd'hui.

Diantre, je suis ainsi musicienne ! hé hé. Ne manquait plus que ça à mon ego tiens...

Et puis, si je fais écho dans mes élucubrations intestines... c'est agréable... un peu plus que ça même.
C'est chouette de vous lire MesDames qui passez par là, papillonner, arroser, déposer des p'tits mots. (pas sûr non plus que ça arrange mon ego. tant pis. c'est bon. je prends !)


 
de Celeste Potter, encore

vendredi

nO tuRning Back



Je reviens toujours vers ce film musical. Je trouve le propos fortement illustré.
C'est Celeste Potter qui l'a dessiné et réalisé.

Je préfère les incorporations aux hachures.
Je considère les bifurcations, j'ai du mal à envisager les erreurs d'aiguillage.
No turning back. Keep on going. With your back inside. Deep inside.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. (Lavoisier)
Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. (Anaxagore de Clazomènes )

jeudi

Des soirs & des nuits. Des matins aussi.

Il y a des soirs où j'aime regarder la pluie battre le pavé,
Il y a des soirs où j'aimerais être cette pluie qui bat le pavé.

Il y a des soirs où rien n'a de bon,
Il y a des soirs où je ne suis bonne à rien.

Il y a des soirs où je m'en fous,
Il y a des soirs où c'est fou.

Il y a des soirs déments où le moindre des moindres tourne au tourment.

Il y a des soirs où les idées fixes m'observent silencieusement puis m'envahissent.

Il y a des soirs où je suis la seule à ne pas me comprendre.

Il y a des nuits où je me dis que je n'arriverai jamais à désherber cette forêt. Mais pour combien d'entre elles dois-je désherber ? Combien y sommes-nous planquées ? Quelle est ma parcelle ?
Et je hausse les épaules, et je hausse le pas, je reprends ma serpe et j'y vais. On verra bien quand je m'arrêterai. De toutes manières c'est bien mon chemin choisi, n'est-ce pas ?

Il y a des nuits où j'imagine que je suis sorcière, à n'aimer rien tant que les alambics. A m'y retrouver, là.

Il y a des nuits où je crève de rage, encore.
Il y a des nuits où je n'ai plus de visage.

Il y a des nuits où je fais trois petits bonds. De biais.
Il y a des nuits où je me dis que ma chorégraphie m'a estropiée.

Il y a des pluies qui m'amenuisent.


Il y a des matins où je vais très bien. Merci.