La femme à la veste à carreaux rouges a le visage grossier, légèrement.
Elle porte un nom érodé, de temps qui a passé, marqué, usé.
Ou d'une fragilité dévastée et discrète, qui ne voudrait pas dire son nom, parce que vous comprenez, mes p'tites fêlures ne sont rien à côté des entailles qui traversent ce monde, n'est-ce-pas ?
La femme à la veste à carreaux rouges porte une guitare au bout des doigts et chante l'histoire d'une autre, plus vieille encore, qui aurait l'âge du temps, gardienne des premiers serments. Si seule. Et si sûre.
samedi
lundi
la reprise
J'hésitais, j'aurais voulu écrire aussi "saupoudrer" ou "plus tard", en titre ou en entrefilet.
Drôle de douzaine qui vient de se défiler, un peu comme un collier perdrait ses perles une à une. Des perles qui ne s'enfilent plus, qui se défilent donc.
Douze drôles de mois. Non, en vrai, pas drôles. Mais ne nous y attardons pas, ça fera du drôle pour plus tard, ça fait du drôle déjà.
Des mois de coton, de rouille, d'échardes. Des mois comme ça et c'est pas si grave.
Des mois de plomb, de figeaison, des mois de trous de souris (oh, j'ai failli écrire des trous de sourire). Des mois d'écueils, de vagues et d'amer refusé, rejeté, nié. Ouste.
Des sarcasmes essuyés - ou pas, des railleries, des narquoiseries. De la méchanceté aussi. Un peu de mépris.
Des haussements d'épaule, des tiens-bon-la-barre, des à-quoi-bon.
Des cécités, de la nocivité en barre, du retrait précipité. Du retrait en soi, du retrait de soi.
Et malgré tout, comme un printemps anachronique au rythme singulier, une envie de revenir ici à petits pas. Mais sans vraiment savoir comment les danser ces pas-là. L'envie ne montre que le bout du nez, et ce n'est pas assez pour parvenir à la détourer, ou la détourner. Des petits essais, des petites touches, autant d'apprivoisement que d'improvisation.
La reprise, c'est bien. Ça va autant aux chaussettes qu'aux chansonnettes.
Pour ce billet, c'est parfait.
Drôle de douzaine qui vient de se défiler, un peu comme un collier perdrait ses perles une à une. Des perles qui ne s'enfilent plus, qui se défilent donc.
Douze drôles de mois. Non, en vrai, pas drôles. Mais ne nous y attardons pas, ça fera du drôle pour plus tard, ça fait du drôle déjà.
Des mois de coton, de rouille, d'échardes. Des mois comme ça et c'est pas si grave.
Des mois de plomb, de figeaison, des mois de trous de souris (oh, j'ai failli écrire des trous de sourire). Des mois d'écueils, de vagues et d'amer refusé, rejeté, nié. Ouste.
Des sarcasmes essuyés - ou pas, des railleries, des narquoiseries. De la méchanceté aussi. Un peu de mépris.
Des haussements d'épaule, des tiens-bon-la-barre, des à-quoi-bon.
Des cécités, de la nocivité en barre, du retrait précipité. Du retrait en soi, du retrait de soi.
Et malgré tout, comme un printemps anachronique au rythme singulier, une envie de revenir ici à petits pas. Mais sans vraiment savoir comment les danser ces pas-là. L'envie ne montre que le bout du nez, et ce n'est pas assez pour parvenir à la détourer, ou la détourner. Des petits essais, des petites touches, autant d'apprivoisement que d'improvisation.
La reprise, c'est bien. Ça va autant aux chaussettes qu'aux chansonnettes.
Pour ce billet, c'est parfait.
mercredi
H.élène
Hélène Riff parle d'elle sur le site de la Charte des auteurs et illustrateurs.
Elle dit
Je m’appelle Hélène,
Ça commence par un H,
comme H
j’aime bien cette lettre, espèce de courte échelle.
J’aimerais écrire des histoires qui auraient pour titre un mot en H.
(hérisson, hameçon, haricot, hier, hiver, homme, hublot, happy-end.)

J’ai aussi à mes côtés une hache préhistorique, que j’ai trouvée dans le Sahara, en deux morceaux. Recollée, je lui ai donné la mission de me porter bonheur, et ça marche.
Le HUIT est aussi le 8.
On était huit dans ma famille, il y a longtemps. C’est resté un format. Quand je mets la table en rêvant, c’est pour huit, quand je cuisine sans calculer, c’est pour huit.
On habitait à Alger, une toute petite maison, où les toilettes étaient posées en diagonale tellement la salle de bain était étroite. Tout autour de la table il y avait un mince espace, tout juste assez pour passer. On mettait la table, pour huit donc, avec de la vaisselle dépareillée.
« Tu ne te rends pas compte Adrien dans quelles conditions tu vis … » nous dit un jour un ami venu de France.
Je comprends aujourd’hui ce qui alors m’avait semblé tenir du charabia : notre maison n’était pas confortable. Oui, c’est vrai, mais c’était une très bonne petite bicoque, avec le minimum, eau (pas tous les jours), électricité et amour, et un très grand jardin, avec faune et flore dignes de ce nom, un citronnier comme il n’en existe qu’un, un néflier poussé dans des proportions parfaites pour une balançoire, des coins et des recoins recelant tout un petit merdier chatoyant dont s’emparer.
L’ami a mal vu, on était dans un confort, immense, mais pas celui des objets.
Les habits par exemple n’ont jamais été une priorité. On n’allait pas ne pas rester au pied d’un arbre parce que peut-être celui-ci allait nous laisser une tache de sève.
On n’allait pas s’empêcher une promenade sous prétexte de chaussures inadéquates.
On allait ramasser des mûres à se faire rayer le pantalon, des prunes à se casser les dents sur un noyau, des noix qui laissaient au moins cinq jours le fond de nos ongles noir comme un trou.
La suite c'est ici
Elle dit
Je m’appelle Hélène,
Ça commence par un H,
comme H
j’aime bien cette lettre, espèce de courte échelle.
J’aimerais écrire des histoires qui auraient pour titre un mot en H.
(hérisson, hameçon, haricot, hier, hiver, homme, hublot, happy-end.)

J’ai aussi à mes côtés une hache préhistorique, que j’ai trouvée dans le Sahara, en deux morceaux. Recollée, je lui ai donné la mission de me porter bonheur, et ça marche.
Le HUIT est aussi le 8.
On était huit dans ma famille, il y a longtemps. C’est resté un format. Quand je mets la table en rêvant, c’est pour huit, quand je cuisine sans calculer, c’est pour huit.
On habitait à Alger, une toute petite maison, où les toilettes étaient posées en diagonale tellement la salle de bain était étroite. Tout autour de la table il y avait un mince espace, tout juste assez pour passer. On mettait la table, pour huit donc, avec de la vaisselle dépareillée.
« Tu ne te rends pas compte Adrien dans quelles conditions tu vis … » nous dit un jour un ami venu de France.
Je comprends aujourd’hui ce qui alors m’avait semblé tenir du charabia : notre maison n’était pas confortable. Oui, c’est vrai, mais c’était une très bonne petite bicoque, avec le minimum, eau (pas tous les jours), électricité et amour, et un très grand jardin, avec faune et flore dignes de ce nom, un citronnier comme il n’en existe qu’un, un néflier poussé dans des proportions parfaites pour une balançoire, des coins et des recoins recelant tout un petit merdier chatoyant dont s’emparer.
L’ami a mal vu, on était dans un confort, immense, mais pas celui des objets.
Les habits par exemple n’ont jamais été une priorité. On n’allait pas ne pas rester au pied d’un arbre parce que peut-être celui-ci allait nous laisser une tache de sève.
On n’allait pas s’empêcher une promenade sous prétexte de chaussures inadéquates.
On allait ramasser des mûres à se faire rayer le pantalon, des prunes à se casser les dents sur un noyau, des noix qui laissaient au moins cinq jours le fond de nos ongles noir comme un trou.
La suite c'est ici
lundi
hiP-hOp et le muPpet shOw
C'était lundi, et c'était troooop bien !
Un truc qui requinque, même si a priori vous n'êtes pas friands de leur musique, un truc qui fait du bien aux ressorts.
A fond tout le temps et bon enfant. De grands gosses qui s'amusent et le partagent. Patate, jumpage et rires.
Lundi, c'était StarWars et les Puppets, et c'était bon!
Un truc qui requinque, même si a priori vous n'êtes pas friands de leur musique, un truc qui fait du bien aux ressorts.
A fond tout le temps et bon enfant. De grands gosses qui s'amusent et le partagent. Patate, jumpage et rires.
Lundi, c'était StarWars et les Puppets, et c'était bon!
mercredi
rObert is bAck
rObert frAncis, un nom à vous faire rebrOusser chemin.
Et pOurtant, ce gOsse-là m'émeut. Et je suis ce qu'il fait, et je guette ce qu'il fait.
Et là, doucement il revient, préparant la sortie de son 3e opus bientôt.
Et pOurtant, ce gOsse-là m'émeut. Et je suis ce qu'il fait, et je guette ce qu'il fait.
Et là, doucement il revient, préparant la sortie de son 3e opus bientôt.
mardi
eX-
Ex-
-primer, -tirper, -torquer
-caver, -hiber, -horter
-iger, -agérer, -aminer
-aucer
-clamer, -communier
eX-
-croissance, -ubérance
-ogène
... à Vous !
Sara
-it
Nata
-emple, -cuse, -ténuée, -emplaire, -terminer, -citer, -pirer, -acerbé, -act, -agérément, -onérant, -cellent
Laure
-aspérer (je l'avais sur le but de la langue celui-là)
Emilie Yéyé
-clure (et c'est pas un très joli mot)
mÔa
-ister, -céder,
-angue
-primer, -tirper, -torquer
-caver, -hiber, -horter
-iger, -agérer, -aminer
-aucer
-clamer, -communier
eX-
-croissance, -ubérance
-ogène
... à Vous !
Sara
-it
Nata
-emple, -cuse, -ténuée, -emplaire, -terminer, -citer, -pirer, -acerbé, -act, -agérément, -onérant, -cellent
Laure
-aspérer (je l'avais sur le but de la langue celui-là)
Emilie Yéyé
-clure (et c'est pas un très joli mot)
mÔa
-ister, -céder,
-angue
lundi
chArles B.
La sottise, l'erreur, le péché, la lésine, occupent nos esprits et
travaillent nos corps, et nous alimentons nos aimables remords, comme
les mendiants nourrissent leur vermine. Nos péchés sont têtus, nos
repentirs sont lâches ; nous faisons payer grassement nos aveux, et nous
rentrons gaiement dans le chemin bourbeux, croyant par de vils pleurs
laver toutes nos taches.
[...]
Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
[...]
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, dans la ménagerie infâme de nos vices, il en est un plus laid, plus méchant , plus immonde ! Il ferait volontiers de la terre un débris et dans un bâillement avalerait le monde;
[...]
Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
[...]
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, dans la ménagerie infâme de nos vices, il en est un plus laid, plus méchant , plus immonde ! Il ferait volontiers de la terre un débris et dans un bâillement avalerait le monde;
Morceaux du Au lecteur de Charles B.
Oui je sais, ça ne se fait pas d'extraire comme ça,
des bribes comme ça,
sans respecter la forme oh là
c'est du n'importe quoi !
Peut-être. Mais c'est comme ça !
Oui je sais, ça ne se fait pas d'extraire comme ça,
des bribes comme ça,
sans respecter la forme oh là
c'est du n'importe quoi !
Peut-être. Mais c'est comme ça !
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