dimanche

dAnser

Là où les bêtes féroces et avides se sont repues, là où la nuisance volatile lui a volé dans les plumes, 
là où la paysanne a ruiné sa jachère à coups de faux désordonnés, 
là où les volcans assoiffés ont cru pouvoir étancher leur soif inextinguible, 
là où la montagne érodée, pour grapiller quelques centimètres à son sommet, a tari sa source et muré son chant, 
là où le miroir ciselé, adroitement lancé, lui a taillé la face, 
là où sa candeur offerte lui a été soufflée et mise aux enchères, 
là où elle a été mise aux fers, 
là, à cette place-là, elle se dépèce encore jusqu'à être plus légère. 

Elle ira, chaussant ses souliers rouges, ceux que ses doigts et tout son poids auront crocheté, elle ira dansant et laissera aux geôlières le goût de leurs prisons. Ces murailles et ces enceintes et ces barres de fer ne sont pas siennes. 

Et elle ira danser, chaude et sauvage, dans les champs de blé que personne n'aura fauché.

samedi

cRi

Hier soir, j'ai hurlé sur quelqu'un qui n'y pouvait rien. Pas crié, non, hurlé.
J'ai totalement manqué de correction.
Ce n'était pas juste, c'était démesuré. C'était surtout mal-adressé.

C'est étonnant parfois les dérapages qu'entraînent ma petite restauration.

mercredi

mOrfler

Morfler, ça me fait penser à Morve.
Un truc un peu gluant, un peu épais, qui coule et qu'est pas joli.
Une sécrétion naturelle qui dit l'état du corps, ou du naseau.
Puis qui s'allège, qui se fait oublier. Jusqu'à la prochaine fois.

mardi

viEille

Je me sens vieille, je me sais vieille. Quand j'avais 20 ans déjà, on me disait souvent que j'avais la sagesse d'une Ancêtre, qui aurait traversé mille vies et qui s'en souviendrait . C'était flatteur, j'aimais bien, j'ai décidé que c'était vrai. Les Gens aimaient bien le regard que je portais sur eux. C'était doux, c'était aimant. Que voulez-vous, j'aime les gens. J'ai une foi incommensurable en l'Être humain. Enfin aujourd'hui un peu moins. Sacrément moins. 
Mais je me dis que ça repousse peut-être  la foi, comme du poil sous les bras.

lundi

afteR

Il y a eu des parenthèses désenchantées, des accrocs désarticulants et des tromperies phénoménales.
Il y a eu des désertions inattendues, des coups portés bas, plus bas encore, tellement bas, quand le corps et le cœur rampent, quand l'âme éclate.
Et la vie qui trottine devant.

J'ai été écharpée. Par maladresse. Par malhonnêteté. Par petite vengeance qui tait son nom.
Il n'y a pas d'échelle. Il y a ce qui m'appartient, il y a aussi, surtout, ce qui ne m'appartient pas. Que chacun, chacune, reprenne son lot, ses billes, ses casseroles.
Et la vie qui trottine devant.

J'ai été montrée du doigt, réduite, piétinée, saccagée. Sur ma panse ouverte sans méfiance, on s'est servi, allègrement. 
J'ai eu peur, j'ai eu froid, j'ai eu mal. J'ai perdu la raison, j'ai traversé trois agonies.
Et la vie qui trottine devant.

J'ai été témoin de bûchers mal-destinés, d'erreurs de la nature, de jugements sans procès.
J'ai hurlé en dedans. J'ai pleuré sur ma dépouille, sur celle de mon amie chère.
Et la vie qui trottine devant.

Il y a eu des soutiens sans faille, des regards porteurs incommensurables, trois présences absolues.
Il y a eu des lectures qui restaurent et d'autres accompagnements.
Et la vie qui trottine devant.

Il y a la dignité qui doucement reprend consistance.
Il y a la nage indienne.
Et la vie qui trottine devant.
Et du soleil dedans.
Et le reste je m'en fous.
Vraiment.

dimanche

reVenir

    

siSter

Sister by The Black Keys on Grooveshark

Wake up 
Gonna wake up to nothing 
Break up 
The break up is coming 
When you're heart is hollow 
Another pill to swallow 

Shake up 
Got to shake up you're freezing 
Make up 
I'm gonna make up my reasons 
I used to say I need you 
But I gotta leave you 

Sister, sister what did they do to you 
Sister, sister what did they do to you 
Did they take and try to break 
A heart that long 
It's so wrong 

Hung up 
Got me hung up in draft 
Rung up 
Got me rung up in bed 
You took that handy job 
The one who showed you love 

Sister, sister what did they do to you 
Sister, sister what did they do to you 
Did they take and try to break 
A heart that long 
It's so wrong

jeudi

j'm'en mOrds encOre les dOigts d'hOnneur



J'ai fait
Des pieds
Des mains pour te plaire
J't'aimais
J'y laisse ma peau
Débarrasse-moi
De tes
Baisers
Tu mens comme hier
J'suis pas ton yo-yo
Bas les masques et sors de moi

Tu m'as fait mordre la poussière
Basta! Ras l'bol de mâcher mes mots
J'en ai marre des bras d'honneur
J'ai mal à ton couteau dans mon dos

J'ai fait
Des pieds
Des mains pour te plaire
J't'aimais
J'y laisse ma peau
Débarrasse-moi
De tes
Baisers
Tu mens comme hier
J'suis pas ton yo-yo
Bas les masques et sors de moi

Tu m'as fait pleurer, mon père
Roi des forêts, mon beau salaud
J'm'en mords encore les doigts d'honneur
Maintenant je crache, oui, je crache le morceau


Qui sait ?
J'aurais
Mieux fait de me taire
D'aimer
Pieds et poings liés
Mon colosse à moi
Le mal
Est fait
J'ai mangé des vers
Demain
J'aurai sa peau
La queue entre les
Jambes il partira

J'ai fait

Des pieds
Des mains pour lui plaire
J'l'aimais
J'y laissais ma peau
Débarrassez-moi
De ses
Baisers
Sur mon cœur ouvert
C'est pas un héros
Balavoine est mort

Balavoine est mort


Le Roi des Forêts - Claire Diterzi

mercredi

the reckOning sOng


No more tears, my heart is dry 
I don’t laugh and I don’t cry
I don’t think about you all the time 
But when I do - I wonder why
You have to go out of my door 
And leave just like you did before
I know I said that I was sure 
But rich men can’t imagine poor.

One day baby, we’ll be old
Oh baby, we’ll be old
And think of all the stories that we could have told

Little me and little you 
Kept doing all the things they do
They never really think it through 
Like I can never think you’re true
Here I go again - the blame 
The guilt, the pain, the hurt, the shame
The founding fathers of our plane 
That’s stuck in heavy clouds of rain.

One day baby, we’ll be old
Oh baby, we’ll be old
And think of all the stories that we could have told.

The Reckoning Song - Asaf Avidan

dimanche

pOur lA vie

Elle a glissé du soleil dans mon samedi, un samedi patatras réchauffé par ces images et ce texte qu'elle m'offre.
Ça commence avec ces mots là, juste après la toute première image

"Pour mes chéries, les étrangères, les âmes sœurs
Pour mes adirées, les folles à lier, les protectrices
Pour mes très aimées, les rieuses, les obscures
Pour mes admirées, les génies, les beautés fatales
Pour mes indispensables, les tendres, les bavardes

C'est une chance de la vie de vous connaître
Emmanuelle"

Juste avant, il y a

et puis après


Et enfin

Un jour je serai vieille et grise et ridée, pétrie de sourires qui seront les parchemins de ma peau, et dans mon eau il y aura avec moi mes d'Artagnanes, mes Trois Mousquetaires.
Elles y seront, elles y sont déjà. Indéfectiblement. Mes Précieuses.



Merci Lisa, merci indéfiniment.
(les photos, faites avec les moyens du bord sont pourries. Ça ne rend hommage à personne, tant pis. J'espère qu'on ne m'en voudra pas) 

 

Une amie pour la vie
de Laëtitia Bourget et Emmanuelle Houdart
aux éditions Thierry Magnier 

samedi

cOmptine en forme de pOire

Vingt-Quatre nœuds à ton mouchoir
Vingt-Quatre creux à ta mémoire
Vingt-Quatre sourires pour ton grand soir
Vingt-Quatre siècles à ton espoir
Vingt-Quatre vœux lovés à ton pieu le soir
Vingt-Quatre Vieux dans ton mouroir

Vingt Quatre pieux...

dimanche

luTine

Hier soir, je me suis laissée bercer par l'Amélie Poulain de la chanson, et c'était bon. Cette fille est une lutine masquée qui fait du bien !

mercredi

Don't touch me

J'ai refermé les dernières pages de Ne me touche pas, le tome 1 d'Insaisissable.

Evidemment, un truc vendu comme le nouveau phénomène Twilight, il fallait que j'y jette un œil !

Evidemment, un texte parsemé de morceaux de phrases barrés, en dialogue intérieur, ça m'interpelle ! (ou comment parler aux blogueuses !)

Plus que de Twilight, l'histoire m'a ramené vers Delirium, ou la série Insoumise (Promise, etc.), et cet autre encore, mais flûte, j'ai oublié le nom.

Et j'ai beaucoup aimé. Parce Que l'écriture. C'est elle qui m'a accrochée la première.
Parce que particulière, dans ce monde de littérature surnaturelle, paranormale et/ou dystopique.
Alors oui, bien sûr, il y a des redondances, des questions qui se répètent, et pour certaines la figure de style ne fera peut-être pas recette. Chez moi ça a fait mouche, comme une Amélie (Poulain) fondant en larmes, sanglots sur pied, au fond de son bistrot. Le même effet.
Je ne l'ai pas lu en V.O.. J'irai lire le tome 2 (en février je crois) dans sa langue maternelle. Pour commencer. Je suis curieuse de voir ça. Je tire en tout cas mon chapeau au traducteur. Et à Tahereh Mafi, l'auteur.

Ça commence comme ça
Je suis enfermée depuis 264 jours.
Je n'ai rien d'autre qu'un petit carnet, un stylo cassé et les chiffres dans ma tête pour me tenir compagnie. 1 fenêtre. 4 murs. 13 mètres carrés. 26 lettres de l'alphabet; que je n'ai pas prononcées deuis 264 jours d'isolement.
6 336 heures écoulées depuis que j'ai touché un autre être humain.

- Tu vas avoir quelqu'un pour partager ta cellule chambre, m'ont-ils dit.
- On espère que tu vas pourrir sur place. Pour ta bonne conduite, m'ont-ils dit.
- Encore quelqu'un de cinglé comme toi. Fini l'isolement, m'ont-ils dit. 

Un peu plus loin
[...] Il a les bras tatoués, des manches courtes qui lui arrivent au coude. A son sourcil il manque un anneau, qu'ils ont dû lui confisquer. Des yeux bleu foncé, des cheveux bruns, une mâchoire saillante, un corps mince et musclé. Superbe. Dangereux. Terrifiant. Terrible.

A peine encore un peu plus loin
Je me suis toujours posé des questions sur les gouttes de pluie.
Je me demande comment elle tombe en trébuchant les unes sur les autres, en se brisant les jambes et en oubliant leur parachute quand elles dégringolent direct du ciel vers une fin certaine. Comme quelqu'un qui vide ses poches sur la terre et se moque de savoir où leur contenu va tomber, de savoir que les gouttes de pluie éclatent quand elles chutent, que les gens maudissent les jours où les gouttes osent pianoter sur leur porte.
Je suis une goutte de pluie.

Et puis, en vrac
Je pense que si je me fige, je peux figer la douleur. Un jour, je ne bougerai pas pendant des heures. Je ne bougerai pas d'un centimètre.
Si le temps se fige, rien ne peut aller de travers.

La vérité est une maîtresse jalouse, perverse qui ne dort jamais... Voilà ce que je ne lui dis pas. Je n'irai jamais bien.

L'espoir est une poche remplie de mille possibilités.
Je le tiens au creux de ma main.

L'obscurité m'étrangle.

Tuer le temps n'est pas aussi difficile que ça en a l'air.
Je peux me tirer une centaine de chiffres dans la poitrine et regarder saigner les virgules décimales dans le creux de ma main. Je peux arracher les chiffres d'une pendule et observer les aiguilles faire tic, tic, tic jusqu'à leur dernier tac avant que je m'endorme. Je peux suffoquer quelques secondes simplement en retenant mon souffle. J'ai tué des minutes pendant des heures et personne n'a l'air de s'en inquiéter.

Bon j'arrête là, à traquer le meilleur morceau choisi, me voilà repartie à lire le livre dis-donc.
Je ne sais plus exactement à quel moment elle ne rougit pas mais est repeinte en rouge.
Bref, c'était bon à lire.






vendredi

Sharon & Mina, & Lisa

Il y a quelques mois, j'avais loupé Mina.
Mercredi, elle revenait goûter, chouette ! 
Alors on est allée goûter, Lisa, 6 de nos mômes et moi. Elle a fait un aller-retour rien que pour ça, pour que nos Filles et nos Deux-P'tits Gars puissent frétiller en se retrouvant, pour qu'on puisse poser ensemble nos Seize-Oreilles sur cette voix-là. Put*§* de kilomètres entre nous parfois ! (mais pas tant finalement, c'est vrai. Il y a d'autres distances bien trop lointaines).

Le soir j'y retournai, sans elle mais avec d'autres compagnes.

Convaincue, je l'étais déjà, Mina, je la guette depuis ce temps-là.
Or depuis quelques temps, je suis touchée par ce que chante Sharon Van Etten, qui, bonheur, faisait la première partie de Mina Tindle ce mercredi.
Doublement convaincue donc j'étais. Et je n'ai pas regretté. Je pourrais même y retourner.

Je pourrais vous parler des gens dans la salle, de cet homme au visage tracé-cassé à la Dany Brillant, de cette femme qui doit être le frère jumeau de Patrick Juvet, de cette fille-si-près au profil... volcanique -en moins beau, en moins fin.
Je pourrais vous parler du batteur-viking de Sharon Van Etten, à la voix suave quand il me murmure dit "Hi" alors que je reviens des toilettes. Je vous cacherais alors qu'il a un je-ne-sais-quoi de ce monsieur d'Abba dans la coupe de cheveux et la coupe de barbe.
Je pourrais vous dire que la bière était bonne et raisonnable.
Je pourrais vous dire que Mina était encore plus belle le soir dans sa jolie robe que dans l'après-midi. Je pourrais vous dire que son sourire me subjugue autant.
Je pourrais mais n'en ferai rien (Heureuses Vous !) Ecoutez plutôt.

Je me serais déplacée rien que pour celle-là !


Et là, des bribes de Mina

mercredi

mAlheur

J'ai retrouvé dans mon tiroir, chiffonné sous un vieux mouchoir, un petit bout de papier sur lequel j'avais écrit 

Et je me penche sur mon petit malheur, et je le ressasse et je le caresse.
Ce n'est rien qu'un p'tit malheur, un p'tit malheur de rien, un p'tit malheur ni plus ni moins.
Mais celui-là, c'est le mien. Alors j'y tiens.

mardi

pschiii pschii pschi

Derrière tÔa il y avait mÔa,
et devant tÔa aussi parfois.
Autour, il y avait des gens.
Des gens qui disaient quelque chose.

Il y avait des gens qui pensaient des choses.
Des gens qui imaginaient des choses.
Qui s'imaginaient des trucs.

Il y avait des bruits de pas dans les allées,
des bruits de pas qui résonnaient sur le pavé,
des talons qui claquaient,
des foulées dans l'escalier.

Il y avait du bruit, on ne s'entendait plus.
Il y avait le chuchotement bruissant de ces gens pensants.
Il y avait du silence qu'on ne distinguait plus
assourdi par leurs bruits confus.

Pandore enivrée chevauchait Gorgone médusée.

Et le lendemain, le jour s'est levé.


dimanche

dreAms

Réveil saugrenu ...
Je me quitte hoquetante et sanglotante dans mon rêve, à renifler comme un cochon, pour me retrouver perplexe, assise entre mes draps, aussi interrogatifs que moi. Je clignote des paupières. Je cherche du coin de l'oeil un autre angle pour envisager tout ça. Je sais bien le miroir que sont toutes les personnes rêvées, les reflets qu'ils sont. Je me questionne sur leur propos. Le mien alors ?
Les plis de la mauvaise conscience remontent petit à petit, l'oeil de Moscou qui vibre au-dessus de ma tête, façon hélico !
Réinventer sans cesse la danse du Non, tout ça ne (re)passera pas par moi !

Mais d'abord un café, lutter contre l'irrépressible envie d'allumer le chauffage dans cet appartement aux allures de champ de cartons -que nous quitterons tout bientôt maintenant que la grande maison est (presque) à nous.

Ne pas se laisser paniquer, ne pas se laisser réduire la respiration et le sourire, n'est-ce pas ? Détendre cette petite pression dont je m'habille et qui ne vient que de moi et de ce regard froid que je porte parfois.
Brrrr !
Et grogner, montrer les dents quand se hérisse mon poil -que je porte court pourtant. Défendre les petites parcelles de moi. J'en ai bien le droit, il paraît hé hé !

Allez, hop-hop-hop !

jeudi

frAnçoiz et les lOups

J'ai pas le temps, j'ai pas le temps, je trouve plus le temps !
Je cours, je me faufile entre les secondes, je rebondis.
Pour l'instant je ne m'essouffle pas.

J'ai mes humeurs enfermées dans un sachet en plastique que je cogne parfois dans mes galopades. Elles en ont vu d'autres les petites, et pour l'automne elles ont opté pour le casque intégré. Même pas mal !
Mais parfois je fais des bleus. Plus à moi. C'est bizarre. C'est pas exprès. Parfois je me sens froide comme une tranche de jambon congelée, j'ai l'impression de ne même plus savoir épeler le mot "empathie".

Je cours, je berzingue, et à nouveau je ne veux rien lâcher. Et pas le sommeil non plus, c'est ma nouveauté de la saison : je combats la cerne, je dors (pour éradiquer la râlerie-au-travail essentiellement, en fait). Comment vais-je pouvoir continuer à faire ? Sur quoi rogner ? Ouh la la, vais-je devenir hyper organisée? Plus de trois jours je veux dire.

Voilà voilà pourquoi le plus souvent ces derniers temps, je n'écris pas.
Ça ne durera pas.

Et ce soir, je fais une ode aux poils de tous loups (et à la louve des volcans) !

Sinon, Vous, ça va ?

vendredi

Tu me manques et je m'inquiète. Et tant pis.

Je n'ai pas trouvé dans Les Séparées l'écho, l'intime que je pensais rencontrer. J'étais peut-être trop imprégnée encore des Lisières.

Mais j'ai aimé cette phrase.
"Comment vivais-tu sans cet élan ?"

Tu me manques et je m'inquiète. Et tant pis.


jeudi

Les LisièRes

Au-delà des mots-échos, des résonances intimes et universelles, j'ai aimé, aimé, aimé Les Lisières, à le lire à petite lampée, pour ne pas le quitter trop vite, trop tôt, aimé pour le regard sur l'usure de "notre" société, petit rat rongeur grignotant posé sur "nos" épaules. Enfin, sur celles de certains plus que d'autres.
Je n'y ai pas lu de prosélytisme, sans doute suis-je public conquis, captif ou convaincu.
Je n'y ai pas lu de jugement à l'emporte-pièce, plutôt de la tendresse malgré le regard implacable. Ou de la compassion (je vais me faire détester, là). De la compréhension, de la désolation.

Et pour ce questionnement-l'air-de-rien qui me plaît tant, cette dichotomie étrange et sans lieu à mes yeux : vivre la vie, écrire la vie. Comme s'il y avait là une antinomie. Comme si les mots posés devaient être porteurs d'une vérité tangible et incontestable, d'une réalité stricte et exhaustive...
Ai-je le droit d'écrire ce que j'écris. Suis-je légitime ? Qui l'est ?
Ici ou là, j'écris ce que je suis et je suis ce que j'écris. Rien que ce que j'écris, tout ce que j'écris. Je le jure. Et la marmotte, elle plie le chocolat, et le lecteur, tout ballot qu'il est, est né de la dernière pluie sur une feuille d'acacia !

Une vie écrite, c'est une vie aussi, non ?

Les Lisières - Oliver Adam - Flammarion
(dont je vous conseille cette chouette et parfaite critique)