Ce soir, je me trimballe avec elles dans les pensées.
Ce soir, je me suis autorisé une immersion dans leurs univers. A nouveau.
Comme d'autres sur lesquelles j'ai détourné les yeux, je les ai quittées du regard il y a quelques mois, deux ans ou presque. Et toute une vie s'est écoulée depuis.
Nous nous sommes croisées, ici, ailleurs, au détour d'un mot, au coin d'un resto.
J'en ai gardé, pour l'une, un mot qui ne quitte jamais les murs qui me suivent et m'accueillent.
J'ai en commun avec celle-ci Lily l'enchanteresse.
J'en ai gardé, pour l'autre, des souffles qui toujours m'ahurissent.
J'ai en commun avec celle-là... des ribambelles qui n'en finissent pas et ne s'arrêtent pas là.
Il y en a d'autres, chères à mon palpitant.
J'ai été émue, intensément, par ces petits liens qui se tissaient ou qui ne tenaient qu'à une fulgurance. Des petits bouts de trucs qui prennent leur temps, qui ont tout leur temps, et d'autres éphémères, mais qui n'en sont pas moins signes pour autant.
J'ai été émue, heureuse et émerveillée, comme souvent, comme toujours et parfois c'est saoûlant, de ces petits cailloux qui forment des pontons sur un chemin, qui tracent des dessins, des petits encouragements à être, des "va où tu veux, c'est bien", des "comme tu fais, c'est bien".
Une sororité singulière, une bienveillance accrue, une humanité complice, une solidarité persuadée.
J'ai été émue, et je m'en suis sentie niaise. Ridicule.
On a taxé tout ça, tout ce lot-là que je viens d'énumérer, de fake, de faux, de virtuel, de biaisé, d'extase mystique. On a opposé des confusions, on a monté des oppositions, le traditionnel clivage du réel/virtuel, la légitimité de l'être, et caetera.
Soit. Oui, pourquoi pas. La réduction me paraît caricaturale, un chouilla à l'emporte-pièce.
Je crois qu'il y a de la place pour tout, je crois que toutes les formes peuvent s'inviter. Je crois que les nuances font les plus belles vérités.
J'ai été attaquée, pointée du doigt, et j'en ai fait quelque chose de monstrueux, que j'ai laissé m'abîmer pour du sérieux.
J'ai douté, je me suis laissée malmener, balayer. Je ne sais pas pourquoi au juste, je ne sais pas encore à quoi, en quoi, cela m'aura servi. J'imagine qu'un matin, ce sera limpide. En attendant, je suis les escarpements de mon bonhomme de chemin, plutôt confiante, à nouveau. Et je renoue avec mes petits enthousiasmes et mes battements de cœur.
Ces femmes-là m'émeuvent et me touchent et me plaisent. Pour la poésie, le pittoresque au quotidien, et l'appel de la vie à la vie. Malgré tous les malgrés.
Ce soir, j'avais envie de leur offrir cette ballade-là
mardi
lundi
Lire, le prOpre de l'hOmme et le libRe-arbitRe
Lire est le propre de l'homme, c'est ce petit recueil de témoignages et de réflexion publié et diffusé gratuitement par L'école des Loisirs l'année dernière. Ô la belle généreuse forte puissante initiative !
Je lui tourne toujours régulièrement les pages à ce recueil et n'en finit pas d'être touchée, émue, complice. Convaincue.
Rien que le sous-titre..."de l'enfant lecteur au libre électeur"
Il y est une lecture, une écriture plutôt, que j'aurais voulue de mon crû. Pour l'écho qu'elle m'a fait.
Celle de Sophie Chérer. Page 123.
Alors puisque c'est gratuit et que je cite mes sources, je ne pense léser personne... Bien sûr, puisque je ne retranscris pas ici son texte dans son intégralité, mais "mes" morceaux choisis, je tronque légèrement le propos.Vous m'en excuserez
[...]
Parce que lorsqu'on me demande quel est est mon métier, je réponds facilement que je contribue, avec mes petits moyens, à la formation du citoyen en graine. Parce que, prétentieuse et jardinière, je me rêve pourvoyeuse de libre-arbitre.
Pas en faiseuse de bons petits soldats.
Merci Sophie Chérer.
Je lui tourne toujours régulièrement les pages à ce recueil et n'en finit pas d'être touchée, émue, complice. Convaincue.
Rien que le sous-titre..."de l'enfant lecteur au libre électeur"
Il y est une lecture, une écriture plutôt, que j'aurais voulue de mon crû. Pour l'écho qu'elle m'a fait.
Celle de Sophie Chérer. Page 123.
Alors puisque c'est gratuit et que je cite mes sources, je ne pense léser personne... Bien sûr, puisque je ne retranscris pas ici son texte dans son intégralité, mais "mes" morceaux choisis, je tronque légèrement le propos.Vous m'en excuserez
" Septembre 1954. Le Premier Ministre, Pierre Mendès France, s'adresse solennellement à la radio, la veille au soir de la rentrée des classes, à tous les écoliers du pays. Il commence par leur avouer son amour des grandes vacances. Lui aussi, à leur âge, voulait qu'elles durent toujours. Et, très vite, on se pose avec eux la question : Pourquoi renter à l'école alors qu'on est si bien, chez soi ou dehors, à jouer ? Et il réponds sans ambiguïté : parce que l'école existe pour donner des forces aux enfants qu'ils sont aujourd'hui, pour les cultiver, pour leur permettre de grandir et de devenir les adultes accomplis dont leur pays, et le monde, auront besoin demain.
Depuis ce temps, aucune homme politique n'a plus parlé ainsi à l'enfance et à la jeunesse de son pays, avec cette confiance et ce respect profond, sur ce ton exemplairement républicain : libre d'esprit, égal d'humeur et fraternel.
Pourquoi ?
Les temps ont changé. Une clique de cyniques dangereux est arrivée au pouvoir, qui réussit à faire passer un foulard ou une kippa sur la tête, une croix ou une médaille autour du cou, pour des déclarations de guerre à l'humanité, tandis qu'elle-même étale en toute impunité les signes par milliers, extérieurs comme intérieurs, de la vraie religion de l'époque : fric, finance, marchés boursiers, performance, technologie, flexibilité. Tout, jusques et y compris l'école doit à présent obéir à ce commandement : être rentable. Procurer une rente, donc. Mais au fait, à qui ?
[...] pour être compétitif face aux puissances émergentes du XXIe siècle, l'Occident industrialisé allait avoir besoin d'une part, d'une élite autoproductrice constituée de 10 à 20 % de la population, cultivée, matériellement aisée, affranchie à tous points de vue, et, d'autre part, d'une masse constituée des 80 à 90 % restants, sous-développée intellectuellement, inculte, surendettée. Des petits consommateurs en rangs par deux, drogués aux gadgets, principalement préoccupés de suivre les modes imposées, incapables de remise en question privés d'esprit critique et de références. Bridés par la trouille de perdre leur place.[...]
Nous, être humains, avons cessé d'être des âtres de langage. Nous sommes devenus des êtres de force de vente et de pouvoir d'achat. Ce qui nous est inutile, voire nuisible, nous est présenté comme indispensable. Ce qui nous est vital, la splendeur de la nature, la vie de l'esprit, le temps de vivre, la curiosité intellectuelle, l'amitié avec quelques grands hommes et femmes du passé, nous est présenté comme vain, trop coûteux, non rentable, irréaliste.
[...]
Les scientifiques nous l'apprennent : c'est entre trois et quinze ans que l'organisme humain assimile le mieux le calcium. C'est durant cette période de douze ans qu'il se bâtit un squelette, une colonne vertébrale à toute épreuve. Ensuite il est (un peu) trop tard.
Eh bien, il existe un calcium de l'âme.
Les enfants, au fond d'eux, en sont parfaitement conscients. Ils ont soif de parole fortes, de lectures nourrissantes, de textes qui ne les laissent pas seuls avec leurs questions, leurs tourments, leurs désirs, leurs angoisses, d'exemples, d'adultes qui leur donnent envie de grandir, d'expériences fondatrices qui les animent et les structurent au moment où ils en ont le plus besoin, et où ils sont le plus aptes à les retenir par toutes leurs fibres, à en faire un miel capable de couler leur vie durant.
Eh bien, il existe un calcium de l'âme.
Les enfants, au fond d'eux, en sont parfaitement conscients. Ils ont soif de parole fortes, de lectures nourrissantes, de textes qui ne les laissent pas seuls avec leurs questions, leurs tourments, leurs désirs, leurs angoisses, d'exemples, d'adultes qui leur donnent envie de grandir, d'expériences fondatrices qui les animent et les structurent au moment où ils en ont le plus besoin, et où ils sont le plus aptes à les retenir par toutes leurs fibres, à en faire un miel capable de couler leur vie durant.
[...]
Mais ne nous lassons pas non plus d'argumenter, d'exposer, d'expliquer partout où nous avons l'occasion de rencontrer des enfants et des adolescents, que quelqu'un, quelque part, a intérêt -un intérêt morbide - à ce qu'ils soient incultes, incapables de penser et de parler (car on peut très bien savoir lire, écrire et compter - qui sont des moyens - si c'est en méconnaissance complète des fins : la parole et la pensée libres, à quoi bon ?).
Pensons à leur faire découvrir aussi une phrase décidément méconnue de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, en son article 2, qui dit que "les droits naturels et imprescriptibles de l'homme" sont "la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression".
La résistance à l'oppression."
Pensons à leur faire découvrir aussi une phrase décidément méconnue de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, en son article 2, qui dit que "les droits naturels et imprescriptibles de l'homme" sont "la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression".
La résistance à l'oppression."
Parce que lorsqu'on me demande quel est est mon métier, je réponds facilement que je contribue, avec mes petits moyens, à la formation du citoyen en graine. Parce que, prétentieuse et jardinière, je me rêve pourvoyeuse de libre-arbitre.
Pas en faiseuse de bons petits soldats.
Merci Sophie Chérer.
dimanche
liRe
J'ai lu dans le Elle, à la fin de l'interview de la jolie demoiselle Lou D.
"Ça fait 10 ans que ça va mal [...]. Si j'avais eu plein d'argent ou si j'avais eu 3 films encensés par la critique, cet album n'aurait pas existé. Aujourd'hui je suis la preuve qu'il ne faut rien changer. J'ai mis du temps à me trouver, on a mis du temps à me trouver, mais tout est bien qui finit bien puisque j'existe enfin".
Et je pense à mon Amie Chère, une autre jolie demoiselle L. J'ajouterais juste que là n'est pas la fin.
J'ai lu dans le Elle ces propos d'Amélie N.
"Il n'y a aucun calcul. C'est devenu une seconde nature. [...] Je vous parle là de choses infiniment délicates, j'en ai conscience. [...] Je suis dans un double mouvement : tentée de révéler ce qui me dévore, en m'en approchant le plus possible par l'écriture, et obligée de me taire. C'est ainsi que mes livres s'imposent à moi. [...] il y a aussi tous ceux que j'écris et qui ne seront pas lus parce que je ne le veux pas. Ils me soulagent et me sont nécessaires mais ils ne s'adressent qu'à moi. [...] au moment de l'écriture, la question qui se pose c'est : "jusqu'où vais-je pouvoir m'approcher de l'indicible ?". [...] ma façon [...] c'est d'être enceinte d'un livre tout le temps.[...] les idées s'emparent de moi et je n'ai pas d'autre choix que d'accoucher."
Et je pense à ma pomme. Sauf que ce ne sont pas (encore ?) des livres que j'écris. C'est prétentieux, non ? Mais c'est tellement comme ça.
J'ai lu Olivier Adam, qui me ramène à chaque fois à cet homme que j'ai aimé tellement fort, tellement qu'il n'avait plus besoin de s'aimer lui-même, croyait-il. Tellement qu'il s'est extrait de notre vie, est allé en explorer d'autres ailleurs, un peu zombie, un peu lui. Il avait oublié que j'avais besoin d'être nourrie. Sûr qu'il était que je pourrais tout aimer et tout tenir pour deux. Mais je n'ai pas su. Je me suis cassée. Démantibulée. Desséchée.
"Je n'étais jamais là. Je ne l'avais jamais vraiment été. C'était comme une maladie. Qui remontait à mes origines. Ma vie s'ouvrait sur un trou noir. Une absence. Un socle dont rien ne subsistait et dont je continue aujourd'hui à me dire qu'il m'a toujours manqué. Ma vie était bâtie sur du sable. Des années enfuies dont ne subsisitaient qu'une matière opaque, impénétrable."
Je n'ai pas fini de lire Les Lisières, je n'en suis qu'à la lisière (elle était facile, j'en conviens).
"Ça fait 10 ans que ça va mal [...]. Si j'avais eu plein d'argent ou si j'avais eu 3 films encensés par la critique, cet album n'aurait pas existé. Aujourd'hui je suis la preuve qu'il ne faut rien changer. J'ai mis du temps à me trouver, on a mis du temps à me trouver, mais tout est bien qui finit bien puisque j'existe enfin".
Et je pense à mon Amie Chère, une autre jolie demoiselle L. J'ajouterais juste que là n'est pas la fin.
J'ai lu dans le Elle ces propos d'Amélie N.
"Il n'y a aucun calcul. C'est devenu une seconde nature. [...] Je vous parle là de choses infiniment délicates, j'en ai conscience. [...] Je suis dans un double mouvement : tentée de révéler ce qui me dévore, en m'en approchant le plus possible par l'écriture, et obligée de me taire. C'est ainsi que mes livres s'imposent à moi. [...] il y a aussi tous ceux que j'écris et qui ne seront pas lus parce que je ne le veux pas. Ils me soulagent et me sont nécessaires mais ils ne s'adressent qu'à moi. [...] au moment de l'écriture, la question qui se pose c'est : "jusqu'où vais-je pouvoir m'approcher de l'indicible ?". [...] ma façon [...] c'est d'être enceinte d'un livre tout le temps.[...] les idées s'emparent de moi et je n'ai pas d'autre choix que d'accoucher."
Et je pense à ma pomme. Sauf que ce ne sont pas (encore ?) des livres que j'écris. C'est prétentieux, non ? Mais c'est tellement comme ça.
J'ai lu Olivier Adam, qui me ramène à chaque fois à cet homme que j'ai aimé tellement fort, tellement qu'il n'avait plus besoin de s'aimer lui-même, croyait-il. Tellement qu'il s'est extrait de notre vie, est allé en explorer d'autres ailleurs, un peu zombie, un peu lui. Il avait oublié que j'avais besoin d'être nourrie. Sûr qu'il était que je pourrais tout aimer et tout tenir pour deux. Mais je n'ai pas su. Je me suis cassée. Démantibulée. Desséchée.
"Je n'étais jamais là. Je ne l'avais jamais vraiment été. C'était comme une maladie. Qui remontait à mes origines. Ma vie s'ouvrait sur un trou noir. Une absence. Un socle dont rien ne subsistait et dont je continue aujourd'hui à me dire qu'il m'a toujours manqué. Ma vie était bâtie sur du sable. Des années enfuies dont ne subsisitaient qu'une matière opaque, impénétrable."
Je n'ai pas fini de lire Les Lisières, je n'en suis qu'à la lisière (elle était facile, j'en conviens).
vendredi
l'Orée, les moyens du bOrd et Les Lisières
Ce matin dans la cour de récré, le vent s'est levé et c'était déjà l'automne.
Ce soir j'ai la fatigue un peu nerveuse des jours de retour. La peau qui tiraille, la cerne creuse, la méninge en manque d'aération. Une sensation de cracra partout sur moi.
Ce matin, nous étions un peu déçus, les moyens du bord manquaient de moyens, nous ne pouvions pas bosser comme nous le voulions. C'est un peu compliqué. L'école est un bâtiment municipal, prêté (réquisitionné ?) l'été pour le centre aéré. C'est normal.
Mais l'état dans lequel nous trouvons les locaux, d'année en année, ne cesse ... de nous laisser perplexes. Nous ne devons pas être doués, nous n'arrivons manifestement pas à faire comprendre notre exigence. Ce n'est jamais rien de grave, ni de bien méchant, c'est de la petite négligence crasse qui, au final, amoche notre cadre de vie. Et c'est si précieux un cadre de vie...
Là, le serveur avait été débranché. Pas d'internet, pas d'imprimante. C'est ballot pour une pré-veille de rentrée.
Là, des ballons avaient déplacé des plaques du faux-plafond.
Là, les murs des couloirs devaient être nettoyés, les sols raclés : on ne peut pas accueillir de nouveaux élèves dans ces traces, ce noir et cette grisaille au sol. Enfin, on ne veut pas.
Cette rentrée, B. sera toute seule pour tout nettoyer. A. et D. sont en arrêt longue maladie. Et personne ne semble se bousculer au portillon pour les remplacer, pour la soulager. On entend des "oh y a trop de travail ici".
Tant pis, on fera avec les moyens du bord. Ça fait des années que notre école est réputée pour son sens de la débrouille. Qui pourrait bien nous jouer des tours finalement (hein, puisqu'on s'en sort si bien comme ça).
Mais ça devient lourd. Et nous encore, nous sommes des grandes personnes, mais ces enfants que nous accueillons...
Et je m'interroge, pour changer, sur ce qu'on leur transmet, ce qu'on entretient, la valeur du bien collectif, la consommation du lieu public... mouais.
Ce soir, j'avais envie d'un bain.
Ce soir, je retrouvais ma brochette de Pirates, les Visiteuses d'Hier et les Deux-Gars, après un été trop long à mon humeur.
Ce soir à la nuit tombée, je me glisserai sous le drap et m'avancerai vers Les Lisières, celles qui le faisaient de l'œil depuis quelques jours déjà, et puisque jen'ai pas (encore) trouvé Les Séparées.
Ce soir, c'est l'Orée. C'est presque la rentrée.
Je vous souhaite un joyeux demain plein de terre promise.
Ce soir j'ai la fatigue un peu nerveuse des jours de retour. La peau qui tiraille, la cerne creuse, la méninge en manque d'aération. Une sensation de cracra partout sur moi.
Ce matin, nous étions un peu déçus, les moyens du bord manquaient de moyens, nous ne pouvions pas bosser comme nous le voulions. C'est un peu compliqué. L'école est un bâtiment municipal, prêté (réquisitionné ?) l'été pour le centre aéré. C'est normal.
Mais l'état dans lequel nous trouvons les locaux, d'année en année, ne cesse ... de nous laisser perplexes. Nous ne devons pas être doués, nous n'arrivons manifestement pas à faire comprendre notre exigence. Ce n'est jamais rien de grave, ni de bien méchant, c'est de la petite négligence crasse qui, au final, amoche notre cadre de vie. Et c'est si précieux un cadre de vie...
Là, le serveur avait été débranché. Pas d'internet, pas d'imprimante. C'est ballot pour une pré-veille de rentrée.
Là, des ballons avaient déplacé des plaques du faux-plafond.
Là, les murs des couloirs devaient être nettoyés, les sols raclés : on ne peut pas accueillir de nouveaux élèves dans ces traces, ce noir et cette grisaille au sol. Enfin, on ne veut pas.
Cette rentrée, B. sera toute seule pour tout nettoyer. A. et D. sont en arrêt longue maladie. Et personne ne semble se bousculer au portillon pour les remplacer, pour la soulager. On entend des "oh y a trop de travail ici".
Tant pis, on fera avec les moyens du bord. Ça fait des années que notre école est réputée pour son sens de la débrouille. Qui pourrait bien nous jouer des tours finalement (hein, puisqu'on s'en sort si bien comme ça).
Mais ça devient lourd. Et nous encore, nous sommes des grandes personnes, mais ces enfants que nous accueillons...
Et je m'interroge, pour changer, sur ce qu'on leur transmet, ce qu'on entretient, la valeur du bien collectif, la consommation du lieu public... mouais.
Ce soir, j'avais envie d'un bain.
Ce soir, je retrouvais ma brochette de Pirates, les Visiteuses d'Hier et les Deux-Gars, après un été trop long à mon humeur.
Ce soir à la nuit tombée, je me glisserai sous le drap et m'avancerai vers Les Lisières, celles qui le faisaient de l'œil depuis quelques jours déjà, et puisque jen'ai pas (encore) trouvé Les Séparées.
Ce soir, c'est l'Orée. C'est presque la rentrée.
Je vous souhaite un joyeux demain plein de terre promise.
jeudi
Ce sOir
Ce soir mes Filles, radieuses et pleines de mots d'amour, s'invitent à dormir à l'appart'.
Ce n'était pas prévu, c'est un débarquement inopiné. Qui me plaît, qui me plaît, qui me plaît.
Pour ce soir, les Gars restent avec leur papa.
Pour ce soir, on plateau-télète entre Pépettes, on spaghetti-bologne, on Reine des Pommes (merci Lisa). On sourit, on n'arrête pas, heureuses de se retrouver après tout ce (trop) long mois.
Ce soir la vie est sacrément jolie et je n'échangerais pas ma nuit pour tout un paradis. Ce soir elles sont mon Paradis !
(et v'lan comment surcharger les épaules de ses gosses en deux temps-trois mouvements !)
Ce n'était pas prévu, c'est un débarquement inopiné. Qui me plaît, qui me plaît, qui me plaît.
Pour ce soir, les Gars restent avec leur papa.
Pour ce soir, on plateau-télète entre Pépettes, on spaghetti-bologne, on Reine des Pommes (merci Lisa). On sourit, on n'arrête pas, heureuses de se retrouver après tout ce (trop) long mois.
Ce soir la vie est sacrément jolie et je n'échangerais pas ma nuit pour tout un paradis. Ce soir elles sont mon Paradis !
(et v'lan comment surcharger les épaules de ses gosses en deux temps-trois mouvements !)
mercredi
nO life
Bien sûr que je suis une no-life !
Je n'ai pas quatre enfants, je ne suis pas instit', je n'aime pas les bouquins (ça ne sert à rien), je ne lis rien, je n'aime pas la musique en vrai, et je n'aime pas les gens. Quant à mon amoureux, on ne fait rien de sérieux. Je n'aime pas butiner, je n'aime pas voltiger, la nature m'ennuie et la vie aussi.
Mais non, je ne suis pas une no-life ! Je face et je booke, je blogue et je me (la) raconte...
M'enfin !
Je n'ai pas quatre enfants, je ne suis pas instit', je n'aime pas les bouquins (ça ne sert à rien), je ne lis rien, je n'aime pas la musique en vrai, et je n'aime pas les gens. Quant à mon amoureux, on ne fait rien de sérieux. Je n'aime pas butiner, je n'aime pas voltiger, la nature m'ennuie et la vie aussi.
Mais non, je ne suis pas une no-life ! Je face et je booke, je blogue et je me (la) raconte...
M'enfin !
mardi
vivRe, c'est tout ce que je sais faire
on parsème nos chemins de sable, de cailloux, de boue, de poussières d'étoile et du reste /
on remplit nos poches de ce qu'on peut, de ce qui vient ou pas, de peu, de plein, de trop, de tout, de rien, de vide, de ça et d'autres / on retricote avec ce qui s'effiloche, le plus souvent on ne le sait même pas /
les silences ne sont pas faits pour être comblés, je ne crois pas. Un silence ça murmure, ça chuchote, ça se chante ou ça se tait. Un silence ça respire. Comblé, il meurt /
la clef est dans ta main ou sous ton pied, dans tes yeux, à l'intérieur. Évidemment. Heureusement, dis, que personne d'autre n'en est dépositaire. Ce qu'il y a de précieux dans les secrets, c'est qu'ils peuvent se partager /
dans le tiroir en bas à gauche, dans la commode bancale rangée au fond de la cave. Celui qui coince et qui grince /
j'ai pas assez de doigts pour toutes tes étoiles /
personne ne sait ni où ni comment ni pourquoi il commence, et c'est comme ça le mieux / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /
les tiennes, les miennes, les leurs, d'autres encore /
les ami(e)s-parapluie sont très utiles par temps mouillés. C'est déjà un peu ce que chantait Candy dans son pays /
peut-être que le monde est déjà fini. Ou peut-être que comme tout, la fin reste à inventer / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /
j'ai croisé du regard, une fois dans un train qui filait, vers chez toi probablement, un arbre à épaules au milieu d'une prairie. A côté d'une grande bâtisse immense et désolée. Je te montrerai le chemin. Si je le retrouve /
soi, le petit-fond de soi, celui qui joue les penauds et les pas-glorieux, l'intimidé. Et les autres. Les autres-sois, les autres-autres. Sans oreilles, on ne peut pas faire arbre à épaules ni parapluie. Les écouter quand ils parlent d'eux. S'écouter soi comme une autre /
soi, le grand-soi, orgueilleux et corrompu. Tous. Ne pas les écouter quand ils parlent de toi. Et le silence aussi quand il fait trop mal /
non ! ouf. /
ce qu'on peut. On n'arrête pas de s'apprendre, on n'est pas figé, on se tricote en grandissant. Et on grandit tout le temps /
les livres qui attirent l'envie, qui attisent l'œil / ceux qui démotivent l'envie, qui détournent nos regards /
tous les ciels. En kaléidoscope ou comme les petits transistors-jouets-à comptines de notre enfance, tu sais ?, qui font défiler un petit décor /
euh... attends, mais où ai-je posé ce fichu mode d'emploi ? zut, je ne remets pas la main dessus /
toi (ce qui vaut bien mieux que si c'était moi ! hou hou!) /
pourquoi la vie est si belle ? Arthur (H.) le chante déjà /
ritournelle et mélodie et fugue et symphonie. Avec des silences au milieu /
des garçons des fois le dimanche /
toi, et moi, et tous les autres (tiens ça me rappelle quelque chose...) /
un remplaçant ? quelle drôle d'idée ! un prétendant charmant ? beurk ! /
les mélanges, c'est ce qui fait les plus belles humanités je crois /
vide ou plein, vide et plein, vide puis plein puis vide puis plein. Vivant surtout /
tu ne crains rien, on est phœnix /
ces serpents nous appartiennent je crois /
rien ni personne ou juste soi. Profondément soi. Avec nos schémas marqués et nos scénarios répétés parfois. Juste profondément soi /
je passe mon tour, j'en tremble souvent /
et je passe mon tour et j'en tremble toujours /
je n'ai pas assez de doigts entre les doigts pour tous les compter. Je n'ai pas envie de tous les compter anyway /
les visibles ou même les invisibles ? /
facile : ailleurs c'est aussi ici, ici et ailleurs, partout, n'importe où /
14 chez moi - 9 chez lui /
je n'ai pas osé compter /
elle n'arrête pas de tourner. Comme les vents /
rien ne se perd /
qu'aurions-nous à leur pardonner ? que nous devraient-ils qu'on ne se doit à soi ? je sais, j'exagère /
trois grammes de fous-rire, un zeste d'impertinence, une sacrée dose de confiance. Un sens quasi chrétien de l'amour de soi comme de l'autre. Des précieuses en filet, qui font trapèze et trampoline à la fois /
quiS et quoiS ? chut, on m'a dit de ne pas montrer du doigt /
un feu d'artifice, ça se fait à deux, au moins. On peut souffler sur ta braise par temps froids, personne ne peut allumer la mèche si tu n'y es pas /
elle peut bien s'éteindre. Une autre s'allumera. Que serait le jour sans la nuit ? /
plus que neuf, ça j'en suis sûre ! /
là j'ai perdu tous mes doigts. Et ça sert à quoi, dis, de les compter ? A savoir s'ils sont tous là ? Oh ! /
non, pas vraiment /
non. Ou oui, mais ils se font ailes alors, et tu t'envoles aussi. Vers devant.
on remplit nos poches de ce qu'on peut, de ce qui vient ou pas, de peu, de plein, de trop, de tout, de rien, de vide, de ça et d'autres / on retricote avec ce qui s'effiloche, le plus souvent on ne le sait même pas /
les silences ne sont pas faits pour être comblés, je ne crois pas. Un silence ça murmure, ça chuchote, ça se chante ou ça se tait. Un silence ça respire. Comblé, il meurt /
la clef est dans ta main ou sous ton pied, dans tes yeux, à l'intérieur. Évidemment. Heureusement, dis, que personne d'autre n'en est dépositaire. Ce qu'il y a de précieux dans les secrets, c'est qu'ils peuvent se partager /
dans le tiroir en bas à gauche, dans la commode bancale rangée au fond de la cave. Celui qui coince et qui grince /
j'ai pas assez de doigts pour toutes tes étoiles /
personne ne sait ni où ni comment ni pourquoi il commence, et c'est comme ça le mieux / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /
les tiennes, les miennes, les leurs, d'autres encore /
les ami(e)s-parapluie sont très utiles par temps mouillés. C'est déjà un peu ce que chantait Candy dans son pays /
peut-être que le monde est déjà fini. Ou peut-être que comme tout, la fin reste à inventer / il ne finit pas vraiment, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme /
j'ai croisé du regard, une fois dans un train qui filait, vers chez toi probablement, un arbre à épaules au milieu d'une prairie. A côté d'une grande bâtisse immense et désolée. Je te montrerai le chemin. Si je le retrouve /
soi, le petit-fond de soi, celui qui joue les penauds et les pas-glorieux, l'intimidé. Et les autres. Les autres-sois, les autres-autres. Sans oreilles, on ne peut pas faire arbre à épaules ni parapluie. Les écouter quand ils parlent d'eux. S'écouter soi comme une autre /
soi, le grand-soi, orgueilleux et corrompu. Tous. Ne pas les écouter quand ils parlent de toi. Et le silence aussi quand il fait trop mal /
non ! ouf. /
ce qu'on peut. On n'arrête pas de s'apprendre, on n'est pas figé, on se tricote en grandissant. Et on grandit tout le temps /
les livres qui attirent l'envie, qui attisent l'œil / ceux qui démotivent l'envie, qui détournent nos regards /
tous les ciels. En kaléidoscope ou comme les petits transistors-jouets-à comptines de notre enfance, tu sais ?, qui font défiler un petit décor /
euh... attends, mais où ai-je posé ce fichu mode d'emploi ? zut, je ne remets pas la main dessus /
toi (ce qui vaut bien mieux que si c'était moi ! hou hou!) /
pourquoi la vie est si belle ? Arthur (H.) le chante déjà /
ritournelle et mélodie et fugue et symphonie. Avec des silences au milieu /
des garçons des fois le dimanche /
toi, et moi, et tous les autres (tiens ça me rappelle quelque chose...) /
un remplaçant ? quelle drôle d'idée ! un prétendant charmant ? beurk ! /
les mélanges, c'est ce qui fait les plus belles humanités je crois /
vide ou plein, vide et plein, vide puis plein puis vide puis plein. Vivant surtout /
tu ne crains rien, on est phœnix /
ces serpents nous appartiennent je crois /
rien ni personne ou juste soi. Profondément soi. Avec nos schémas marqués et nos scénarios répétés parfois. Juste profondément soi /
je passe mon tour, j'en tremble souvent /
et je passe mon tour et j'en tremble toujours /
je n'ai pas assez de doigts entre les doigts pour tous les compter. Je n'ai pas envie de tous les compter anyway /
les visibles ou même les invisibles ? /
facile : ailleurs c'est aussi ici, ici et ailleurs, partout, n'importe où /
14 chez moi - 9 chez lui /
je n'ai pas osé compter /
elle n'arrête pas de tourner. Comme les vents /
rien ne se perd /
qu'aurions-nous à leur pardonner ? que nous devraient-ils qu'on ne se doit à soi ? je sais, j'exagère /
trois grammes de fous-rire, un zeste d'impertinence, une sacrée dose de confiance. Un sens quasi chrétien de l'amour de soi comme de l'autre. Des précieuses en filet, qui font trapèze et trampoline à la fois /
quiS et quoiS ? chut, on m'a dit de ne pas montrer du doigt /
un feu d'artifice, ça se fait à deux, au moins. On peut souffler sur ta braise par temps froids, personne ne peut allumer la mèche si tu n'y es pas /
elle peut bien s'éteindre. Une autre s'allumera. Que serait le jour sans la nuit ? /
plus que neuf, ça j'en suis sûre ! /
là j'ai perdu tous mes doigts. Et ça sert à quoi, dis, de les compter ? A savoir s'ils sont tous là ? Oh ! /
non, pas vraiment /
non. Ou oui, mais ils se font ailes alors, et tu t'envoles aussi. Vers devant.
La Gre, Madame-Je-sais-Tout exhaustive
Et je laisse "ma" Brigitte répondre à "sa" Françoise.
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